L’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal a été auditionné de nouveau, jeudi, par le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’hamed dans des affaires de corruption.
Abdelmalek Sellal a été interrogé par le juge en sa qualité d’ancien ministre des Ressources en eau dans l’affaire liée à l’attribution d’assiettes foncières et des avantages à l’entreprise Amenhyd, spécialisée dans l’aménagement, l’environnement et l’hydraulique appartenant aux frères Chelghoum, eux-mêmes auditionnés dans la même affaire.
C’est cette affaire d’ailleurs qui a mené d’anciens walis de Blida, Chlef, Relizane et Aïn Defla à répondre devant le juge, tout comme l’ancien wali de la ville des Roses, Mohamed Hattab, plus tard ministre de la Jeunesse et des Sports.
Abdelmalek Sellal, qui est en détention provisoire depuis le 13 juin dans la prison d’El Harrach, a dirigé le secteur des Ressources en eau, faut-il le souligner, entre avril 2009 et septembre 2012. Dans le cadre de la même affaire a comparu, également, l’ancien ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, qui a géré le secteur entre octobre 2012 et mai 2015. L’ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Hattab, a été, lui aussi, entendu par le juge en sa qualité d’ancien wali.
Dans les jugements prononcés, il ressort que deux actionnaires de la société par action Amenhyd ont été placés en détention provisoire par le juge d’instruction près le tribunal de Sidi-M’hamed (Alger) alors que quatre autres ont été placés sous contrôle judiciaire. L’enquête menée par les éléments de la Section de recherches du Groupement de la Gendarmerie nationale d’Alger a fait ressortir des infractions à la législation relative à la monnaie et au mouvement des capitaux de et vers l’étranger»
et «conclusion de marchés et de contrats grâce à l’autorité et l’influence de l’agent public dans le but d’obtenir des avantages». Par ailleurs et dans un autre registre, des indiscrétions font état de la convocation de l’ancien inspecteur général du ministère de la Justice, Benhachem Tayeb, pour comparaître devant le juge de la Cour suprême. M. Benhachem répondra, selon les mêmes indiscrétions, pour des accusations similaires à celles retenues contre l’ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux, Tayeb Louh qui se trouve, lui aussi, en détention provisoire depuis jeudi 22 août. L’ancien inspecteur général, accusé d’«abus de fonction», «d’entrave à la justice» et de «falsifications de documents officiels», aurait été auditionné par l’Office de répression de la corruption, ajoute-t-on.
L’emballement juridico-politique, qui a généré l’emprisonnement des ministres apparentés aux années de règne d’Abdelaziz Bouteflika, semble ainsi parti pour durer au vu de l’accélération que connaît le traitement de certains dossiers en stand-by depuis plusieurs années. Il s’agit notamment des affaires Sonatrach 1 et 2, de l’affaire de l’autoroute Est-Ouest et celle de Khalifa.
Le secteur vit par ailleurs au rythme d’une succession d’installations de nouveaux présidents de Cour et de nouveaux procureurs généraux depuis la désignation de Belkacem Zeghmati au poste de ministre de la Justice.