Le Tribunal de Khenchela a condamné, hier en appel, le détenu Yacine Mebarki à une peine d’un an de prison ferme et 50 000 DA d’amende, alors que le Parquet avait requis la confirmation du verdict prononcé en première instance, à savoir 10 ans de prison et 10 millions de dinars d’amende.
Arrêté le 30 septembre 2020 après une perquisition à domicile, Mebarki est poursuivi notamment pour des chefs d’inculpation évoquant «atteinte à l’unité nationale, offense à la religion musulmane, profanation du Livre Saint (Coran) et incitation à l’athéisme et détention de munitions d’arme à feu».
Une pétition appelant à la libération de Yacine Mebarki, signée par des universitaires, des militants politiques et des acteurs associatifs, a été rendue publique, hier, jour du verdict, dénonçant la condamnation en première instance. «Ce verdict sans fondement juridique est une violation des lois de la République et des conventions internationales relatives aux droits humains ratifiées par l’Algérie qui garantissent la liberté de conscience», était-il écrit dans la pétition.
Pointant ce qui est considéré comme «une parodie de justice», les signataires ont exigé «la libération immédiate et sans condition de Yacine Mebarki», appelant les autorités «au respect des libertés fondamentales, notamment la liberté d’expression, d’opinion et de conscience».
Par ailleurs, le Tribunal de Constantine a renvoyé au 9 décembre prochain le procès en appel du journaliste Abdelkrim Zeghilèche, en prison depuis le 23 juin dernier après sa condamnation à 1 an de prison dont 6 mois de sursis assorti d’une amende de 50 000 DA.
Dans le verdict rendu le 24 août dernier, Zeghilèche a été condamné à 2 ans de prison ferme et une amende de 100 000 DA pour des chefs d’inculpation «d’atteinte à la personne du président de la République et publications Facebook pouvant porter atteinte à l’unité nationale».
Par ailleurs, plusieurs comparutions sont prévues pour la journée d’aujourd’hui à travers cours et tribunaux. Le Tribunal d’Oran se penchera ainsi en appel sur le dossier des 26 manifestants arrêtés le 5 octobre dernier. Le Tribunal de Sidi M’hamed (Alger) rendra, pour sa part, le verdict dans l’affaire Omar Bouchenane et Kamel Mesrouk contre lesquels le Parquet avait requis 18 mois de prison ferme. A Tlemcen, c’est le procès du détenu Aissam Sayah (dans une nouvelle affaire) qui a lieu aujourd’hui. Pour rappel, Aissam Sayeh, arrêté le 30 mai, a été transféré au commissariat de police de Henaia qui avait lancé un mandat d’arrêt auparavant contre lui, souligne le Comité national pour la libération des détenus (CNLD). Il a été présenté le 31 mai devant le Procureur du Tribunal de Remchi puis devant le juge en comparution immédiate et condamné à 18 mois de prison ferme pour le chef d’accusation «d’atteinte à la personne du président de la République et outrage à corps constitué». <