Le procès en appel Mahieddine Tahkout, ouvert le 28 octobre dernier à la Cour d’Alger, a pris fin jeudi dernier avec les dernières plaidoiries des avocats de la défense. La justice, qui retient dans ce dossier des faits de «corruption», de «trafic d’influences» de «mauvaise gestion» ou encore de «blanchiment d’argent», devrait rendre son verdict le 18 novembre prochain. L’accusé principal, des membres de sa famille, mais aussi d’anciennes figures politiques risquent, pour rappel, des peines allant jusqu’à 18 ans de prison ferme. Tous ont clamé leur «innocence» durant le procès, ou du moins «minimisé» le rôle qu’ils auraient pu avoir.
Les avocats du principal accusé Mahieddine Tahkout, condamné en première instance à 16 ans fermes, ont ainsi fait savoir, jeudi, que toute cette affaire «était fabriquée». L’accusation, selon eux, ne reposerait que «sur la base d’une lettre anonyme d’un ancien responsable d’un service de sécurité». Les investissements et projets de Mahieddine Tahkout dans le domaine du montage automobile seraient par ailleurs tout à fait légaux, lancés dans le cadre de décisions gouvernementales : «Il a bénéficié d’une décision finale d’acceptation de son dossier par le CNI le 22 décembre 2016», explique-t-on, notamment à propos de l’entreprise Tahkout Manufacturing Company (TMC), et en pointant la responsabilité des anciens ministres.
Pour sa part, l’ancien ministre de l’Industrie et de Mines avait indiqué que la mission du contrôle de la conformité des dossiers «revenait aux structures et services des ministères». Son avocat plaidant la «relaxe» en soulignant que «le fond du dossier serait que Youcef Yousfi aurait favorisé Mahieddine Tahkout dans le dossier du montage automobile. Or cela est totalement faux, et n’a pas été prouvé». Le ministre, qui risque aujourd’hui une peine de 12 ans de prison ferme, aurait accordé les autorisations à Mahieddine Tahkout, en se basant sur des dossiers déjà préparés par les différents échelons de décision : «Il s’est appuyé sur l’avis de la commission d’évaluation technique (…) le ministre reçoit cet avis et la fiche de l’entreprise. A partir de là, la procédure lui dicte d’apposer sa signature». Quant aux «affaires» d’affrètement d’autobus également reprochées à Mahieddine Tahkout, elles impliquent notamment les œuvres universitaires (Onou) de plusieurs wilayas où la justice soupçonne l’existence de marché artificiellement gonflé, de «privilèges» accordés par des responsables d’université aux entreprises Tahkout. Une situation que l’on retrouverait également dans le contrat de location d’autobus à l’Entreprise de transport urbain et suburbain d’Alger (Etusa). Son directeur Karim Yacine avait toutefois clamé son innocence en expliquant que ce marché avait été une nécessité au regard de l’urgence de la situation, mais surtout de la «décision du gouvernement qui obligeait l’Etusa à n’acheter que des véhicules fabriqués en Algérie».