Au lendemain de l’annonce, par un communiqué de la DGSN, de l’arrestation de huit membres d’une «bande criminelle», activant à Bab El Oued sous le couvert «d’une association culturelle non agréée», les avocats de ladite association ont vivement réagi et apporté plusieurs précisions au communiqué de le DGSN.

Par Nadir Kadi
Première précision, «l’association» qui serait SOS Bab El Oued, présidée par Nacer Meghnine, en détention provisoire depuis mardi soir, n’aurait pas bénéficié de financement fourni par une «représentation diplomatique d’une grande puissance étrangère à Alger», les avocats déclarant à ce titre que «la défense rejette, tout en respectant le caractère privé de l’affaire en cours, toute accusation de financement étranger», avant d’ajouter que «seul un faible financement» datant de 2019 aurait été reçu par «l’un des accusés». L’accusation la plus grave lancée par la DGSN est, pour rappel, «cette bande criminelle (…) a réussi, à travers le financement d’une représentation diplomatique d’une grande puissance étrangère à Alger, à acquérir des équipements et du matériel technologique moderne utilisés dans la production de films et de documentaires provocateurs et la réalisation de pancartes et d’affiches pour les utiliser à des fins subversives lors des marches populaires (Hirak)». A ce propos, la défense dément «l’existence, dans le dossier, de toute accusation de bande criminelle ou d’association de malfaiteurs», souligne le communiqué. Autre précision du collectif de défense, qui réunit notamment les avocats Maîtres Zoubida Assoul et Abderahmane Salah, le dossier présenté par la DGSN est composé de deux affaires «sans lien géographique ou temporaire», et qui ne réunirait que 6 personnes au lieu de 8 comme annoncé par la sûreté de wilaya. Ils dénoncent ainsi «l’association de deux dossiers dissociés comme étant une seule affaire», une présentation qui ne serait pas conforme à la législation. «Un premier dossier au Tribunal de Sidi M’Hamed dans lequel 4 personnes sont poursuivies et ont été relâchées après leur interpellation, et un second dossier au Tribunal de Bainem, dans lequel 2 autres personnes sont poursuivies». Quant à la DGSN, elle avait précisé la veille que l’arrestation avait été «supervisée par les Procureurs de la République près des tribunaux de Sidi M’hamed et Bab el-Oued» et avait abouti à «la saisie de 677 pancartes imprimées, 7 unités centrales de micro-ordinateurs, une caméra numérique haute résolution, un film documentaire, 3 scanners et 12 imprimantes».
La DGSN, qui n’avait pas donné le nom de l’association, avait toutefois précisé qu’elle est composée de 8 personnes : «Cette pseudo-association culturelle, composée de 8 suspects âgés entre 26 et 60 ans, active sous le couvert d’une association culturelle non agréée, située à Bab el Oued à Alger».
La même source souligne par ailleurs que «sur la base des données judiciaires fournies par le Parquet, les investigations menées dans l’une des institutions financières ont permis d’aboutir à la source du financement étranger de cette association, dont les responsables ont avoué avoir reçu un financement étranger sous le couvert d’une prétendue activité culturelle». <