PAR NAZIM BRAHIMI
Le sort d’Abdelmadjid Sidi-Saïd sera connu le 14 novembre, jour du verdict que rendra le pôle financier de Sidi M’hamed, qui s’est penché sur l’affaire, depuis lundi, avec un requis de 15 ans de prison ferme contre l’ancien chef de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA). Le Parquet a requis également 8 millions de dinars d’amende contre Sidi-Saïd et la saisie de ses biens.
Abdelmadjid Sidi-Saïd, 73 ans, est poursuivi pour plusieurs griefs, «incitation d’agents publics au trafic d’influence dans le but d’octroyer d’indus avantages» à ses trois enfants, Ramine, Hanafi et Djamil (en détention) également poursuivis dans le cadre de la même affaire, ainsi que «blanchiment d’argent».
Contre ses fils Hanafi et Djamil, le procureur de la République a requis respectivement 12 et 10 années de prison ferme et 8 milliards de dinars d’amende à chacun d’eux. En ce qui concerne son troisième fils Rami, impliqué dans cette affaire et toujours en fuite à l’étranger, le Parquet a retenu une peine de 18 années de prison ferme, une amende de 8 milliards de dinars et le lancement d’un mandat d’arrêt international.
D’autres peines allant de 3 à 5 ans de prison ferme ont été requises contre les autres accusés dans cette affaire, dont l’ancien directeur général de l’Office de promotion et gestion immobilière (OPGI) d’Hussein Dey, et l’ancien directeur général de l’opérateur public Mobilis. Contre ce dernier, le procureur a requis 5 ans de prison et de 5 et 3 ans de prison contre d’autres cadres de la même entreprise.
Une condamnation de 6 ans de prison a été aussi requise contre trois anciens responsables de la Mutuelle des travailleurs pétroliers.
Le paiement d’une amende de 32 millions de dinars a été également requis contre les trois sociétés privées appartenant aux fils de Sidi-Saïd, ainsi que la confiscation de leurs biens.
Lors de son audition par le juge, l’ancien patron de la centrale syndicale, de 1997 à 2019, a nié les accusations pour lesquelles il est poursuivi, dont les logements indûment attribués à ses fils. «Mon fils a obtenu ce logement sur initiative personnelle du responsable de la mutuelle, qui lui a proposé d’acheter le bien du fait qu’il n’avait pas de logement durant cette période», a-t-il répondu à l’interrogation du juge «comment expliquez-vous l’obtention par votre fils d’un F3 et de deux locaux auprès de la mutuelle des travailleurs pétroliers, alors qu’il n’en est pas membre ?». Sidi-Saïd dira par la suite qu’il n’était pas au courant de cette procédure, considérant que «c’est la direction de l’UGTA qui a pris l’initiative de céder à mon fils un appartement sans me mettre au courant. Je n’aurais jamais pris une telle initiative».
«Nous pouvons dire que c’est plus du trafic d’influence que de la corruption directe. Mais pourquoi n’avoir pas refusé et même sanctionné une telle décision puisque votre fils n’ouvrait pas droit à un tel logement ?», l’interrogea le juge. Et Sidi-Saïd de répondre qu’«ils ont agi sans m’en informer».
Le juge ajoute que «c’est la Mutuelle des travailleurs pétroliers et non pas de n’importe quel citoyen». Mais Sidi-Saïd reprend qu’il n’était pas au courant. «Mais pourquoi n’avoir pas dit à la direction de ne pas vendre ce logement à votre fils ?», insiste le juge. L’accusé gardera le silence.
L’ex-chef de l’UGTA a été également interrogé sur les 13 logements de fonction situés aux Bananiers, acquis par l’UGTA auprès de l’OPGI de Hussein Dey, et dont quelques-uns seront attribués à ses enfants. «Ces logements étaient en vente. Une demande d’achat a été faite et l’achat était légal», a répondu Sidi-Saïd.
Notons que Sidi-Saïd a comparu en vidéo à partir de la prison d’El Harrach où il est en détention provisoire depuis mai 2022.
L’ancien patron de l’UGTA, assis sur une chaise roulante, est apparu très affaibli physiquement. n