PAR NAZIM B.
Prévu hier, le procès en appel de Saïd Djabelkhir a été renvoyé une seconde fois. Ce renvoi fait suite à une demande de report formulée par le collectif de défense de l’accusé. Il est désormais programmé pour le 7 juillet prochain. Dans le verdict rendu public le 22 avril 2021, Saïd Djabelkhir a été condamné à 3 ans de prison ferme assorti d’une amende de 50 000 DA (sans mandat de dépôt). Le Parquet avait requis l’application de la loi à l’encontre de Saïd Djabelkhir lors de son procès le 1er avril 2021 après le renvoi du jeudi 25 février 2021 au Tribunal de Sidi M’hamed. Saïd Djabelkhir est poursuivi pour «offense à l’Islam», suite à une plainte d’un enseignant universitaire de Sidi Bel Abbès, Abderazak Boubedjra.
Or, «Djabelkhir en sa qualité d’érudit a osé user du savoir et de la connaissance pour approcher le religieux loin d’un esprit rigide, étriqué et sclérosé», a estimé l’avocate Fetta Sadat, pour qui cette affaire «nous interpelle, parce qu’elle pose avec acuité la lancinante question de la liberté de conscience et de la libre pensée et de la liberté tout court». Cette affaire «pose surtout l’urgence de l’abrogation des dispositions juridiques liberticides, à l’instar de l’article 144 bis du code pénal, sur la base duquel Djabelkhir a été jugé et condamné», a noté l’avocate.
Pour sa part, Ghaleb Bencheikh, qui s’intéresse au fait religieux, l’affaire «relève de l’archaïsme». «Ce qui se passe est un scandale. On ne peut pas criminaliser le débat d’idées. C’est une atteinte grave à la liberté de conscience et la recherche académique. Cette affaire dénote un archaïsme de la pensée que je dénonce. Ce qui lui arrive est tout simplement inacceptable», avait-il soutenu. Il a ajouté que «la liberté de conscience est bafouée et le débat d’idées est judiciarisé. Tout cela relève de l’archaïsme. J’espère vivement qu’on reviendra à la raison lors du procès en appel. Il faut que la justice algérienne soit digne. On s’est assez donné en spectacle comme cela.» n