Par Salim Benour
A l’appel du collectif de solidarité avec le journaliste et correspondant du quotidien Liberté à Tamanrasset, Rabah Karèche, des professionnels de la presse et des médias ont observé, hier matin, un sit-in pour exprimer leur soutien à leur confrère placé sous mandat de dépôt depuis le 19 avril 2021 et en détention au centre carcéral de la capitale de l’Ahaggar. La mobilisation, qui a duré plus d’une heure, a eu lieu devant le siège du journal à El Achour. Elle a vu la participation de militants des droits humains, d’avocats et de citoyens venus apporter leur soutien au journaliste détenu et à sa famille. Lors de la prise de parole, plusieurs d’entre eux ont appelé à la libération immédiate du journaliste incarcéré. «La presse n’est ni un crime ni un délit», «Libérez Rabah Karéche», «Halte à la persécution de la presse», «Libérez la presse», des slogans qu’on pouvait lire sur les pancartes brandies par les protestataires. Alors qu’une pétition est lancée pour élargir la mobilisation, de nombreux présents ont tenu à exprimer leur «entière solidarité» avec le journaliste Rabah Karèche. Ainsi, le militant Chabane Meziane, ancien détenu du mouvement citoyen de Kabylie, a «dénoncé l’arrestation arbitraire et sans fondement» du journaliste, fustigeant «les provocations et le harcèlement du régime». L’avocat Hakim Saheb a exprimé son «indignation face à l’acharnement contre les journalistes et contre la liberté de la presse et le droit d’informer». Rabah Karèche est «injustement» mis sous mandat de dépôt pour avoir «exercé son métier de journaliste». Youcef Taâzibt, du Parti des Travailleurs (PT), a joint «sa voix à l’exigence démocratique de libération de Rabah Karèche» et «réaffirmer que le journalisme n’est pas un crime». «Les autorités doivent cesser de gérer d’une manière sécuritaire les problèmes politiques», a-t-il déclaré à Reporters, appelant à la «libération de l’ensemble des détenus d’opinion».
Notre confrère est poursuivi pour «atteinte à l’intégrité du territoire national», «administration d’un compte électronique pour y publier des renseignements, des idées et des informations susceptibles de provoquer le racisme et la haine dans la société» et «publication volontaire de fausses informations susceptibles de porter atteindre à l’ordre public». Des accusations que son avocat Maître Amirouche Bakouri «rejette catégoriquement» et considère «sans fondement».