Par Sihem Bounabi
C’est sous le choc du maintien de son mari en prison, que l’épouse du journaliste Rabah Karèche lance un véritable cri de révolte et de détresse face à la situation dans laquelle se trouve son mari. Rabah Karèche, correspondant du journal Liberté à Tamanrasset, est maintenu sous mandat de dépôt par la chambre d’accusation près la Cour de Tamanrasset qui a confirmé, hier, sa mise en détention provisoire par le tribunal de la ville le 19 avril dernier. Suite au maintien du mandat de dépôt, et face à la caméra du journaliste Khaled Drareni, présent sur les lieux, l’épouse du journaliste Rabah Kareche a exprimé tout son désarroi et son incompréhension devant le maintien d’une telle décision qui ne « correspond à aucune logique » et « une véritable hogra ».
Mme Karèche martèle avec force « l’injustice de son maintien en prison et même de son arrestation, car il n’a fait qu’accomplir son métier de journaliste en toute honnêteté ». Elle a également témoigné de l’engagement et de la loyauté du journaliste envers la population de Tamanrasset, tout en exprimant son regret que certaines personnes, présentes lors de la manifestation et qui ont fait des déclarations à son mari lorsqu’il a couvert la manifestation pour le journal Liberté, soient revenues sur leurs paroles en faisant des démentis.
Finalement, face à cette situation, l’épouse éplorée interpelle la conscience de la justice algérienne et les plus hautes autorités de l’Etat pour la libération de Rabah Karèche. Pour rappel, Rabah Karèche est accusé de « gestion d’un compte Facebook pour publication d’informations ayant pour but racisme et haine dans la société », de « publication et diffusion au public de fausses informations pouvant porter atteinte à la sécurité et à l’ordre public » et de « travailler avec n’importe quel moyen pour atteinte à l’unité nationale en dehors des articles 77 et 78 du code pénal ».
Son incarcération a suscité la solidarité des citoyens et de ses confrères. Dans un communiqué, le quotidien Liberté a exigé sa libération, estimant qu’il s’agit « d’accusations fallacieuses qui cachent mal une volonté de faire taire le journaliste et l’empêcher d’accomplir en toute objectivité son travail ». Un vaste mouvement de solidarité s’est enclenché depuis son incarcération ainsi qu’un rassemblement de solidarité a été organisé le 25 avril dernier devant le siège du quotidien Liberté ou de nombreuses personnalités de la société civile ainsi que des journalistes ont réclamé « sa libération». n