Un comité de soutien au journaliste Khaled Drareni, condamné à 3 ans de prison ferme le 10 août dernier par le Tribunal de Sidi M’hamed, s’est constitué hier à Alger. Sa première initiative a été de publier un communiqué par lequel il appelle à la libération et à la réhabilitation du journaliste. «Le procès a montré l’absence totale d’éléments matériels à charge pour soutenir que les prévenus ont incité à l’attroupement ou porté atteinte à l’intégrité nationale. Le verdict aurait dû, en toute conséquence, accéder à la demande de relaxe des avocats», lit-on dans ce document.
Pour ce comité, qui reste ouvert à tous ceux qui veulent le rejoindre, «Khaled Drareni a été condamné à trois ans de prison parce qu’il était devenu impossible à l’appareil de la justice algérienne d’assumer, en toute indépendance, sa relaxe après l’interférence présidentielle à charge dans ce dossier le 2 mai dernier». «En affirmant, sans le nommer, lors d’une rencontre de presse, que Khaled Drareni était khabardji (un espion) et qu’il s’était rendu directement à une ambassade étrangère après avoir été libéré par les services de sécurité, le président Tebboune a prononcé sa condamnation de fait», estime-t-il dans le texte qu’il a rendu public hier.
Selon le comité de soutien, la condamnation de Khaled Drareni (…) est une énorme faute politique. «Elle ne doit pas se poursuivre un jour de plus». «Il est urgent de sortir de l’engrenage du 2 mai 2020. Khaled Drareni doit être réhabilité. Il doit comparaitre libre à son procès d’appel, tout comme ses deux co-inculpés. La Cour doit juger les éléments du dossier et rien d’autre. Le salut des institutions et l’image de l’Etat passent par là», conclut-il.