Par Nadir Kadi
Le Tribunal de Sidi M’hamed a rendu hier son verdict dans l’affaire dite « groupe Amenhyd », du nom de l’entreprise des frères Chelghoum, spécialisée dans les infrastructures hydrauliques. Les juges ont condamné, dans la matinée, les ex-responsables politiques, l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal et l’ancien ministre des Ressources en eau, Hocine Necib, à des peines de prison ferme de 4 et
5 ans. Le dossier, qui retient des charges liées à la « corruption » au profit du groupe économique, a également abouti à une peine particulièrement lourde contre le PDG du groupe Amenhyd, Djamel Eddine Chelghoum, condamné à une peine de « 8 ans de prison ferme ». Les trois principaux condamnés devront, également, selon ce verdict en première instance, verser des amendes « d’un million de dinars » pour Abdelmalek Sellal et Hocine Necib, et de « huit millions de dinars » pour Djamel Eddine Chelghoum.
Le dossier retient, pour rappel, les charges de « dilapidation de deniers publics », « abus de fonction » et « octroi d’indus avantages pour permettre aux propriétaires du groupe Amenhyd d’obtenir des projets d’investissement ». Il a notamment été reproché aux ex-responsables politiques le recours injustifié à la signature de contrats de type « gré à gré simple » pour la construction d’infrastructures hydrauliques à travers plusieurs régions du pays. Et dans le détail, l’accusation a mis en avant la passation d’un marché, en 2014, pour le raccordement de communes des wilayas de Bordj Bou-Arréridj, Bouira et M’sila au réseau d’alimentation en eau potable (AEP). Des chantiers, dont le montant cumulé aurait dépassé les
7,2 milliards de dinars et nécessité le passage par un appel d’offres, mais que les autorités de l’époque avaient placé sous le caractère de « l’urgence » et accordé à l’entreprise Amenhyd, en collaboration avec l’entreprise publique Foremhyd. Ainsi, les accusés se sont défendus durant le procès de toutes malversations : « Nos relations avec les responsables étaient professionnelles et basées sur le respect », déclare en ce sens l’un des frères Chelghoum, avant d’ajouter plus loin, à propos des « surcoûts » d’un second projet : les autorités ont « imposé les prix de 2012, alors que nous étions en 2017 ».
Quant aux autres condamnations prononcées hier dans cette affaire par les juges du pôle pénal spécialisé dans les affaires de corruption, il s’agit notamment de peines de « 6 ans de prison ferme » contre Abdelaziz Chelghoum et « 4 ans de prison » à l’encontre de Abdelkader, Ali et Mohamed El Bachir Chelghoum. D’autres responsables politiques de la présidence Bouteflika, dont Hadjri Darfouf et Mohamed Hattab, respectivement anciens walis de Relizane et de Sidi Bel Abbès, ont été, pour leur part, condamnés dans cette affaire à 18 mois de prison ferme, tandis que Abdelkader Zoukh, ancien wali d’Alger, il a écopé d’un an de prison ferme. Les anciens directeurs généraux de l’Algérienne des eaux (ADE), en l’occurrence Abdenour Aït Mansour et Amirouche Ismaïl, ont pour leur part été condamnés respectivement « à 3 ans et 2 ans de prison ferme », alors que l’acquittement a été prononcé pour l’ancien Secrétaire général du ministère des Ressources en eau, Belkateb Belhadj, et l’ancien wali de Aïn Defla, Abbas Kamel.