Une vingtaine d’artistes et de professionnels du cinéma et de l’audiovisuel se sont rassemblés, hier, devant le service des grands brûlés de l’hôpital de Douéra. Par ce geste, ils ont tenu à exprimer leur solidarité avec leur collègue Youcef Goucem, qui a tenté de s’immoler le lundi 7 janvier au siège de la chaîne de télévision privée Dzaïr TV.

Le producteur, rappelle-t-on, a commis son acte désespéré pour protester contre la direction de la chaîne, accusée de n’avoir pas honoré ses engagements avec lui et de ne pas l’avoir payé. Si les responsables de Dzaïr TV ont réagi pour se disculper et crier au lynchage médiatique, le producteur Youcef Goucem, dont l’état de santé demeure stationnaire « après avoir été sévèrement brûlé à la tête et au fessier », selon une source médicale, a, lui, agi pour manifester certainement et désespérément son désaccord avec les managers de la chaîne. Hier, le collectif de solidarité, qui s’est rassemblé à l’hôpital de Douéra, au milieu duquel on a reconnu le cinéaste Moussa Haddad, ont affirmé que leur soutien au producteur Goucem va se poursuivre et que d’autres actions sont prévues pour alerter les pouvoirs publics sur la situation des professionnels du cinéma et de l’audiovisuel et la difficulté, pour certains d’entre eux, de défendre leurs droits. Il est question, selon l’un d’eux, de saisir l’Agence de régulation de l’audiovisuel (Arav) après la publication récente d’une « lettre ouverte ». Pour les signataires de la lettre, la tentative d’immolation de Youcef Goucem est un « geste de détresse et de désarroi » d’un professionnel qui avait épuisé tous les recours pour défendre et récupérer ses droits. Son drame, ont-ils ajouté, « doit nous pousser à nous élever vers des initiatives de rassemblement, de reconquête de nos espaces de parole et de créativité, d’exercice de nos droits et de préservation de nos acquis ».