Le Syndicat national des magistrats (SNM) n’est pas resté indifférent à l’affaire du Procureur adjoint de Tiaret placé sous mandat de dépôt pour avoir fourni des «informations et des documents» à Abdou Semmar. «Le syndicat affirme que l’information est fausse» dans un communiqué rendu public, vendredi, précisant que «selon la défense de notre collègue, les premières investigations menées par les services de la police judiciaire et l’expertise scientifique faite sur ses téléphones et son ordinateur n’ont pas confirmé des fuites ou des contacts directs ou indirects avec le concerné, contrairement à ce qui a été dit et publié». Dès lors, l’organisation syndicale interpelle les médias et les exhorte à
«respecter la présomption d’innocence». «Soyez professionnels dans la diffusion des informations», a-t-elle insisté. Aussi et tout en expliquant que la «campagne ayant ciblé le magistrat en question a été enclenchée «par des parties qui cherchent à masquer les farces (mahazil) procédurales qui ont entaché la poursuite». Lesquelles parties, soutient le SNM, «exploitent les circonstances exceptionnelles que traverse le pays et la mobilisation de tous contre la pandémie du Covid-19». Le communiqué indique par ailleurs que le magistrat, docteur en droit, auteur de plusieurs ouvrages, a été conduit à deux heures du matin devant le Parquet de Frenda comme un «dangereux criminel». Deux heures après, il est placé sous contrôle judiciaire, avant d’enchaîner que «deux jours plus tard, il est convoqué par le juge d’instruction où les mêmes charges ont été requalifiées sans qu’il y ait du nouveau dans l’affaire. Le magistrat a été ainsi placé sous mandat de dépôt». Dans ce sens, le syndicat des magistrats entrevoit dans les poursuites engagées contre le Procureur adjoint et sa mise en détention provisoire une véritable «vengeance» au motif qu’il «active, milite au sein du syndicat et s’acharne dans la défense des droits des magistrats et de la corporation». Et partant, le SNM menace de saisir l’Union internationale des magistrats. «Cette situation contraint le syndicat à étudier la proposition de contacter l’Union internationale des magistrats concernant ces dépassements dont a fait l’objet notre collègue pour son activité syndicale», lit-on encore dans le communiqué. De même que l’organisation sollicite la plus haute autorité de l’Etat Abdelamadjid Tebboune «pour trouver une issue à la problématique et à exercer ses prérogatives constitutionnelles et prendre toutes les mesures pour mettre fin à cette pagaille et ces dépassements», lit-on dans le communiqué en question. Cette montée au créneau du syndicat intervient au regard, nous explique-t-on de bonnes sources, de la grève de la faim entamée par le Procureur adjoint depuis sa mise en détention provisoire. Dans ce cadre, le SNM tient le ministère de la Justice pour
«pleinement responsable» de toute atteinte à l’intégrité et la santé du magistrat emprisonné.