Le juge instructeur près le Tribunal de Skikda a ordonné, mardi, le placement du P-DG de l’Entreprise portuaire de Skikda, 28 fonctionnaires de l’entreprise, dont des directeurs et des employés, ainsi que quatre opérateurs économiques sous contrôle judiciaire. Le Procureur de la République, Adel Dhoyou, a fait savoir que les 33 mis en causes sont poursuivis dans le cadres d’«affaires corruption» et sont interdis de quitter le territoire national avec retrait de leurs passeports.
Le P-DG de l’Entreprise portuaire, son secrétaire général, le président du Comité de participation et son adjoint, le chef du département des affaires sociales et des cadres de la même entreprise avaient été auditionnés dès lundi, et durant plus de 30 heures, par le Tribunal. Les faits qui leurs sont reprochés vont de la «dilapidation de deniers publics» à «l’abus de fonction». Les autres accusés sont également poursuivis pour délits de «déclaration de faits matériellement faux», de «dissimulation de documents de nature à faciliter la recherche des délits», «d’abus de fonction par l’octroi à des tiers d’avantages indus», de «dilapidation de deniers publics» et «d’exploitation illégale de biens publics au bénéfice de tiers». L’affaire, complexe, a nécessité des auditions pour «malversation sur des deniers des œuvres sociales de l’entreprise portuaire», «d’envoi en voyage de personnes n’ayant aucun rapport avec l’entreprise portuaire et dont tous les frais étaient à la charge de l’entreprise» et de «financement occulte d’un parti politique», selon les précisions données hier à l’APS par le Procureur de la République. Dossier qui dépasse ainsi la seule entreprise portuaire, il est à rappeler que l’ancien ministre des Travaux publics et des Transport, Boudjemaa Talaï, avait également été auditionné et avait été entendu à la prison d’El Harrach où il est incarcéré dans le cadre du chef d’accusation de «financement occulte d’un parti politique». Les quatre opérateurs économiques cités par le Tribunal de Skikda sont, quant à eux, poursuivis pour «faux et usage de faux sur des documents commerciaux et sous-seing privé» mais aussi «d’incitation d’un fonctionnaire public à l’abus de fonction en vue d’obtenir des avantages indus», aujourd’hui placés sous contrôle judiciaire. Le Procureur de la République avait requis le placement de 14 des 33 impliqués sous mandat de dépôt et les 19 autres sous contrôle judiciaire. <