Au lendemain de l’alerte lancée sur la probable présence de lait infantile contaminé par les salmonelles, commercialisé par la marque Celia, unique représentant de la marque Lactalis en Algérie, l’Association pour la protection et orientation du consommateur et son environnement (Apoce), qui, rappelons-le, a été la première à lancer l’alerte, a constitué une cellule de crise à son niveau afin de répondre aux questions des parents affolés.

« Il y a eu une véritable panique chez des parents qui n’ont pas cessé de nous appeler pour savoir si le produit qui est en leur possession est contaminé. On nous a aussi rapporté  quelques cas d’intoxication de nourrissons. Cependant, il est encore tôt pour parler de cas de contaminations chez nous, surtout que les symptômes observés  peuvent être dus à une intoxication ou une simple poussée dentaire. C’est au médecin traitant de se prononcer », a indiqué Mustapha Zebdi, président de l’Apoce.
Très active sur les réseaux  sociaux, l’Apoce a joué un rôle capital en matière d’information du consommateur algérien et cela en publiant même la liste des lots contaminés. « Nous avons eu l’information par le biais des médias étrangers qui rapportent que les lots datant de février 2017  sont contaminés par la salmonelle. Après vérification, nous avons constaté que l’Algérie  est concernée par la distribution de ces lots, c’est pour cela que nous sommes entrés en contact avec la société Celia, dont les responsables se sont montrés très coopératifs. Dans ce sens, ils ont vite procédé au retrait de ces lots suspects et cela de manière préventive.  En ce moment, nous sommes en train de réfléchir aux modalités de remboursement des boîtes achetées et non encore consommées concernées par ce retrait et cela afin de préserver l’intérêt financier du consommateur algérien », a indiqué notre interlocuteur.
Quant à la question des services  de contrôle de la  qualité des autorités algériennes, qui sont passés à côté lors de l’entrée de ce produit, Mustapha Zebdi a mis cela sur le compte de la négligence et l’absence de contrôle rigoureux. « Ces lots contaminés ont échappé au contrôle dans leur pays d’origine.
Chez nous, le contrôle ne se fait pas de façon systématique et régulière. Dans la plupart des cas, ils se contentent de contrôler un lot pour juger de la qualité du reste », a-t-il déploré. En ajoutant : « Il faut aussi mettre en évidence qu’un germe peut se multiplier et donc aurait pu ne pas être détecté lors du contrôle et aurait bien pu se multiplier à cause de mauvaises conditions de conservation », a-t-il estimé.  Dans ce sens, notre interlocuteur a appelé les autorités à plus de vigilance surtout lorsqu’il s’agit de produits destinés aux enfants. « Cela doit pousser nos organes de contrôle à mieux s’appliquer dans cette tâche si difficile en multipliant les laboratoires et par le filtrage minutieux de tout produit agroalimentaire, surtout s’il est destiné aux enfants», a conclu  Mustapha Zebdi.
S’agissant des ministères du Commerce et de la Santé, ils ne se sont toujours pas prononcés sur cette affaire malgré nos nombreuses tentatives de les joindre.