Par Sihem Bounabi
C’est aujourd’hui que Rabah Karèche, journaliste correspondant du quotidien Liberté à Tamanrasset, devrait savoir si sa demande de liberté provisoire, déposée par ses avocats, sera acceptée ou s’il reste en prison en attendant son procès. En effet, la chambre d’accusation de la Cour de Tamanrasset va étudier, ce mardi 27 avril, le dossier du journaliste incarcéré, qui avait été présenté devant le procureur lundi 19 avril 2021, puis devant le juge d’instruction du Tribunal de Tamanrasset qui le plaça sous mandat de dépôt. Selon la sœur du journaliste qui s’est confiée aux médias, sa libération provisoire a été demandée pour raison de santé car il est diabétique. Sa sœur s’inquiète ainsi pour son état de santé même si elle indique que la femme de Rabah Karèche a pu lui rendre visite et lui apporter ses médicaments.
Pour rappel, le journaliste Rabah Karèche s’est retrouvé derrière les barreaux suite à son interpellation dans la nuit de dimanche 18 avril sur les chefs d’inculpation « création d’un compte électronique consacré à la diffusion d’informations susceptibles de provoquer la ségrégation et la haine dans la société », « diffusion volontaire de fausses informations susceptibles d’attenter à l’ordre public » et «usage de divers moyens pour porter atteinte à la sûreté et l’unité nationales ».
Des accusations que son avocat Maître Amirouche Bakouri «rejette catégoriquement» et considère «sans fondement». Beaucoup de ses proches, des collègues et des personnes qui le soutiennent insistent sur le fait que Rabah Karèche « n’a accompli que son métier ». Selon le quotidien Liberté, son interpellation intervient suite à la publication d’un article, relayant une manifestation organisée par des citoyens contre le nouveau découpage administratif avec la création de nouvelles wilayas dans le sud algérien.
Suite à son interpellation, un collectif de solidarité avec le journaliste s’est rapidement constitué et de nombreuses personnalités et voix se sont élevées pour réclamer sa libération. C’est dans cet esprit de solidarité que des professionnels de la presse et des médias ont observé, dimanche matin, un sit-in pour exprimer leur soutien. La mobilisation, qui a duré plus d’une heure, a eu lieu devant le siège du journal Liberté à El Achour. Etaient également présents à ce mouvement de soutien des militants des droits humains, d’avocats et de citoyens qui ont appelé à « la libération » du journaliste incarcéré.