Le verdict prononcé hier par la Cour dans l’affaire du groupe Sovac, relative au montage automobile, a été marqué par la réduction des peines de certains accusés comparativement à celles requises par le Procureur lors du procès en appel.

C’est notamment le cas pour l’ancien Premier ministre, Ahmed Ouyahia, et le ministre de l’Industrie, Youcef Yousfi. Le premier a vu sa peine passer de 15 à 10 ans alors que celle du second est passé de 10 à 2 années de prison dont une avec sursis. S’agissant de l’accusé principal dans cette affaire, la Cour d’Alger a gardé la même sentence, à savoir 10 ans de prison ferme. Pour les autres accusés dans cette affaire dite de «blanchiment d’argent» et «incitation d’agents publics à exploiter leur influence», le verdict confirme les réquisitions du Procureur. Le Procureur général avait requis aussi une peine de 3 ans de prison ferme avec une amende d’un million de DA contre Omar Boudiab et des cadres de la banque et de l’industrie, impliqués dans l’affaire. Il a été aussi demandé la saisie des biens et le gel des activités des entreprises représentées dans le procès par des personnes morales avec une amende de 32 millions de DA chacune. Dans leurs plaidoiries reprises en début de semaine du procès en appel, les avocats du principal accusé, Mourad Oulmi, ont plaidé son innocence, défendant la thèse que son dossier était «fondé sur des faits erronés et dépourvus de preuves des griefs retenus» contre leur client. La défense a signalé notamment que Mourad Oulmi «avait une bonne situation à l’étranger» et qu’il «est venu en Algérie comme investisseur et opérateur économique et non comme un trabendiste», ajoutant que Mourad Oulmi «avait espoir en son pays et qu’il voulait contribuer à son développement économique. Les avocats ont aussi déploré le fait de considérer comme «voleur» toute personne ayant réussi ses projets et dire de son succès qu’il s’agit d’un «luxe insultant». Ouvert le 23 septembre dernier, le procès a été suspendu au deuxième jour suite au malaise du bâtonnier du Barreau d’Alger, Maître Abdelmadjid Sellini, membre du collectif d’avocats de Mourad Oulmi, lors de la séance consacrée aux plaidoiries. Cet incident a d’ailleurs déclenché une vague de contestations au sein des robes noires qui ont entamé un mouvement de débrayage qui a paralysé les juridictions du pays. Depuis, la Cour d’Alger avait annoncé une première fois que le verdict serait rendu le 30 septembre, puis elle l’a reporté une deuxième fois pour le 10 octobre, jour où il a été décidé la poursuite des délibérations, suite à l’absence de la défense et de plusieurs accusés.
Tout porte à croire que la défense va introduire un pourvoi en cassation d’autant plus qu’elle n’a cessé durant le procès de demander le report du jugement dans cette affaire afin de s’assurer de «la véracité des documents». Dans le détail, plaidant l’innocence de ses clients, la défense a soutenu que «tout contrat ou prêt a été signé et octroyé pour le groupe Sovac dans un cadre légal et dans le respect des lois en vigueur», soulignant que «l’octroi des prêts ne relève pas des prérogatives des membres de la commission d’études et d’octroi des prêts du CPA», dont cinq membres sont jugés dans cette affaire. Les avocats ont affirmé, dans leurs plaidoiries, que les prêts octroyés au groupe Sovac par le CPA «n’ont pas causé de préjudices à la banque».