La Cour d’Alger s’est saisie depuis hier d’une nouvelle affaire dans laquelle sont présumés impliqués les deux ex-Premiers ministres, Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. Ces derniers ont comparu, hier, devant le procureur près le tribunal d’Alger. Il s’agit de l’affaire du Groupe Mazouz qui a fait fortune dans le domaine de l’automobile, mais aussi dans les industries agroalimentaires. Les deux anciens Premiers ministres ont été placés en juin dernier en détention provisoire par le juge d’instruction près la Cour suprême. Ils sont cités dans plusieurs affaires, actuellement en instruction à la plus haute juridiction. Ils sont poursuivis pour plusieurs chefs d’accusation liés essentiellement à l’octroi d’indus avantages au titre de l’octroi de marchés publics et de contrats, dilapidation de deniers publics, d’abus de pouvoir et de fonction et de conflit d’intérêts. Dans cette nouvelle affaire, sont cités également deux anciens ministres, Abdelghani Zaâlane et Youcef Yousfi en l’occurrence, qui étaient à leur tour entendus par le procureur près le tribunal Sidi-M’Hamed. Le patron du Groupe Mazouz, Ahmed Mazouz comparaît lui-même dans cette affaire. C’est un dossier qui vient à peine d’être ouvert et pourrait entraîner dans son sillage plusieurs hauts fonctionnaires de l’Etat ainsi que des membres de leurs familles, compte tenu de la proximité des propriétaires du groupe avec certains anciens hauts responsables de l’Etat ainsi qu’avec certains membres de leurs familles. En tout cas, cette affaire promet bel et bien des surprises, comme ce fut le cas avec l’affaire d’Ali Haddad. A l’heure où nous mettons sous presse, les mis en cause dans l’affaire Mazouz, dont le propriétaire du Groupe, comparaîssaient encore devant le juge d’instruction.
Quatre ex-ministres bientôt convoqués par la Cour suprême
Par ailleurs, l’affaire KIA, dont le propriétaire de la marque en Algérie, Hacène Larbaoui, a été mis en détention provisoire, s’est soldée par le transfert de quatre dossiers d’anciens ministres vers la Cour suprême. En effet, le Parquet général près la Cour suprême a dans un communiqué diffusé, lundi, dit avoir été destinataire du dossier relatif aux procédures suivies à l’encontre de quatre anciens ministres pour des faits punis par la loi dans le cadre de l’affaire de l’homme d’affaires, Hacène Arbaoui, propriétaire de la marque KIA.
Le Parquet général près la Cour suprême «enclenchera les procédures de poursuite judiciaire conformément au Code de procédure pénale», a conclu le communiqué. Outre les dossiers des quatre ministres transférés à la Cour suprême, le juge d’instruction près la Cour d’Alger, après avoir entendu les prévenus lors de la première comparution, a décidé de placer sept personnes en détention provisoire. Il s’agit de l’homme d’affaires Hacène Arbaoui, de deux cadres actuels relevant du ministère de l’Industrie et des Mines, de deux fonctionnaires du même ministère, de l’actuel directeur général de la BNA, et d’un ex-directeur d’une entreprise économique publique. Trois autre personnes présumées impliquées dans cette affaire ont été mises sous contrôle judiciaire. Il s’agit de l’ex-directeur général de la promotion de l’investissement au ministère de l’Industrie et des Mines ainsi que les deux frères de l’accusé principal et remis quatre autres en liberté.