Le procès en appel de « l’affaire du foncier » agricole et touristique de Skikda a été reporté, hier, par les juges de la Cour d’Alger. Le dossier, qui évoque notamment l’implication de l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia dans le « pillage » du foncier de la wilaya, devrait ainsi être lancé le 14 mars prochain. Le report a été décidé par la Cour pour des « raisons techniques », informe l’APS, et plus précisément des difficultés à établir la liaison audio et vidéo avec la prison d’Abadla (Béchar) où est incarcéré Ahmed Ouyahia. Ce report est le second du genre enregistré dans cette affaire ; le procès en appel, initialement prévu le 14 février dernier, avait été reporté une première fois « à la demande des avocats de la défense ».
Affaire qui implique, pour rappel, plusieurs anciennes personnalités politiques de l’ancien système, dont l’ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, les deux anciens ministres des Travaux publics, Amar Ghoul et Abdelghani Zaalane, mais aussi plusieurs anciens walis en poste à Skikda et des responsables des « Directions exécutives » qu’ils avaient employé. Le fond du dossier laisse apparaître des liens d’intérêt et des facilitations injustifiées, qui auraient été accordées à des investisseurs et porteurs de projet dans le secteur du tourisme ; des projets réalisés pour certains au niveau de parcelles destinées à l’agriculture.
Ainsi, le procès en première instance avait abouti le 4 janvier dernier à la condamnation de l’investisseur Ben Fassih Mohamed à 4 ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars, alors que son fils s’est vu condamné à deux ans de prison.
Les peines prononcées par le Tribunal de Sidi M’hamed contre les anciens hommes politiques ont été encore plus importantes. Ainsi, reconnus coupables des charges d’abus de fonction, octroi d’indus privilèges et dilapidation de deniers publics, Ahmed Ouyahia a été condamné à 7 ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars. Les deux anciens ministres des Travaux publics, Amar Ghoul et Abdelghani Zaalane, ont de leur côté écopé de 3 ans de prison ferme assortie d’une amende d’un million de dinars. Quant aux responsables locaux, l’ancien wali de Skikda, Mohamed Bouderbali, a été condamné à 5 ans de prison ferme, alors que les ex-walis de la même wilaya, Fawzi Ben Hocine et Derfouf Hadjri, ont eu des peines de 2 ans de prison ferme des amendes d’un million de dinars. L’ancien directeur des Domaines, Rachid Amara, a lui été condamné à deux ans de prison.
Procès en appel qui devrait ainsi être lancé le 14 mars prochain, cette même journée sera également marquée par l’ouverture d’un tout autre dossier lié à la corruption et mettant en avant un personnage particulièrement médiatisé. Le Tribunal de Tipasa programme, en effet, le procès de l’homme d’affaires Kamel Chikhi, soupçonné par la justice de fraude lors de la signature d’un acte notarié en 2016. La justice lui reproche un enrichissement illégal sur le compte du Trésor public qui aurait perdu dans cette affaire un total estimé à 15 millions de dinars.