Le tribunal de Sidi M’hamed a, hier, de nouveau reporté l’ouverture du procès de l’ancien ministre de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbès. La décision, qui marque le quatrième report du traitement de cette « affaire » de détournement présumé de fonds destinés aux victimes du terrorisme, a été motivée par l’état de santé du principal accusé. L’ex-responsable, âgé de 88 ans et déjà sous le coup d’une précédente condamnation à huit ans de prison pour des faits de «détournements de deniers publics», est actuellement pris en charge, explique ses avocats, au niveau de l’hôpital Mustapha-Pacha. L’audience d’ouverture a par ailleurs été fixée hier par la justice au 3 août prochain.
Affaire mettant en avant un probable détournement de fonds d’aides aux victimes du terrorisme, le dossier d’accusation retient, pour rappel, les charges particulièrement lourdes de « blanchiment d’argent » et « détournement de fonds publics ». Les informations disponibles, et les rares détails du dossier communiqués à la presse, laissent, en effet, apparaître que la gestion d’une somme relativement importante de 5 millions de dollars, accordée au début de l’année 2000 par l’Etat du Koweït aux victimes algériennes du terrorisme, suscite aujourd’hui les soupçons de la justice.
En effet, le montant du don, officiellement remis à l’ancien président de la République Abdelaziz Bouteflika, avait par la suite été redirigé vers le ministère de la Solidarité nationale et de l’Action sociale, à sa tête Djamel Ould Abbès. Quant aux faits reprochés par la justice, ils auraient débuté, selon des informations à prendre pour le moment au conditionnel, lorsque la présidence aurait demandé, plus d’un an plus tard, la restitution du don koweïtien. En ce sens, et bien que l’accusé aurait répondu à la demande dans les règles légales, selon ses propres déclarations aux enquêteurs rapportés par le journal Echorouk, la justice aurait également mis en avant que la somme avait été placée dans une institution bancaire, sans préciser s’il s’agissait de la procédure habituelle. Les intérêts issus de la transaction, estimés à près de 45 000 dollars, n’auraient pour leur part jamais été enregistrés au profit des fonds de l’Etat. En parallèle, une somme similaire de 45 000 dollars avait, pour rappel, été retrouvée en 2021 dans un coffre-fort bancaire au nom de l’ancien responsable, suite à l’exécution d’une commission rogatoire délivrée par le juge d’instruction du pôle financier, chargé de l’enquête sur les frères Kouninef. « Affaire » qui s’ajoute aux procès ayant mis en cause ou cité l’ancien ministre Djamel Ould Abbès, notamment une condamnation, faisant l’objet d’un recours en cassation, à huit ans de prison pour détournement et dilapidation de deniers publics, conclusion de marchés en violation de la législation et abus de fonction.
L’ouverture de ce nouveau dossier devrait apporter davantage d’informations sur le fonctionnement du secteur de la solidarité durant la présidence Bouteflika, un ministère accordé à deux reprises à Djamel Ould Abbès, entre décembre 1999 et juin 2002, puis entre mai 2010 et septembre 2012.