Par Nadir Kadi
Le Pôle pénal économique et financier du Tribunal de Sidi M’hamed a condamné, hier, l’ancien homme politique Djamel Ould Abbès à une peine de «3 ans de prison ferme» assortie d’une amende d’un million DA. La justice, qui poursuit l’ex-responsable pour des actes de corruption, commis alors qu’il était ministre de la Solidarité entre décembre 1999 et juin 2002, puis entre mai 2010 et septembre 2012, a par ailleurs ordonné dans son verdict le versement de «deux millions dinars d’indemnités» aux parties civiles, à savoir le ministère de la Solidarité ainsi que le Trésor public. Pour rappel, le procureur de la République avait requis le 3 août dernier une peine de 5 ans de prison contre l’ex-responsable. Affaire, dont le jugement avait enregistré plusieurs reports à cause de l’état de santé du principal accusé. Le traitement du dossier, retenant les charges de «dilapidation de deniers publics», «abus de fonction», «blanchiment d’argent» et «défaut de déclaration de biens», avait également mis en avant l’accusation de détournement de fonds issus d’une importante aide aux victimes du terrorisme. Les faits, qui remontent à l’année 2000 selon l’APS, font suite à la réception d’un don de cinq millions de dollars, accordés par les Etats du Koweït et d’Arabie saoudite aux victimes du terrorisme en Algérie. Le montant réceptionné officiellement par la présidence avait été transféré aux secteurs de la Solidarité avec ordre de placement sur un compte bancaire. Cependant le procès à mis en avant qu’une somme de 45 000 dollars, issue des intérêts bancaires, n’avait pas été ajoutée lorsque la présidence avait réclamé, un an plus tard, le capital du don. Le montant ayant été redirigé vers une association présidée par l’ancien ministre. En ce sens, longuement interrogé sur ces faits, ainsi que sur les incorrectes mises en avant par l’enquête, l’ancien ministre Djamel Ould Abbès tout en «rejetant» les accusations liées à la corruption, avait au contraire fait savoir que le président A. Bouteflika l’avait autorisé à user des intérêts dans «l’intérêt général» : «J’ai contacté le président Bouteflika à ce propos (…) il m’a répondu textuellement : je n’ai rien à faire des intérêts, restitue les 5 millions de dollars et le reste utilise le dans l’intérêt général». Une explication qui n’a visiblement pas convaincu la justice, d’autant que des sommes non déclarées, notamment en devises ont été découvertes dans un coffre au nom de Djamel Ould Abbès. A ce titre, l’ancien responsable avait rétorqué que l’origine de ces sommes était différente, notamment issue de sa carrière de médecin, il s’agit uniquement de fonds personnels». «Si j’avais eu de mauvaises intentions j’aurais essayé de faire sortir l’argent du pays», s’est défendu l’ex-ministre. A ce stade aucune information sur un éventuel recours en appel n’a été communiquée. <