Par Nadir Kadi
Programmé dans la journée d’hier, l’ouverture du nouveau procès de l’ancien ministre de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbès, poursuivi dans le cadre de l’affaire de détournement présumé d’aides aux victimes du terrorisme, a finalement été reportée au 6 juillet prochain. La décision des juges du tribunal de Sidi M’hamed étant motivée par l’absence de plusieurs témoins, mais surtout par l’état de santé de l’accusé principal, pris en charge, selon plusieurs sources, au niveau du pavillon carcéral de l’hôpital Mustapha-Pacha suite à des «complications».
L’ancien ministre, aujourd’hui âgé de 88 ans, est, pour rappel, sous le coup d’une précédente condamnation à huit ans de prison pour des faits de «détournements de deniers publics». Nouveau dossier de détournement de fonds d’aides aux victimes du terrorisme, qui retient quant à lui des charges particulièrement lourdes, allant du «blanchiment d’argent» au «détournement de fonds publics». L’affaire, selon les détails disponibles suite à l’instruction, aurait débuté lors du transfert d’un don de l’Etat du Koweït aux victimes algériennes du terrorisme. Une somme de cinq millions de dollars qui avait été officiellement remise au cours de l’année 2000 à l’ancien président de la République Abdelaziz Bouteflika, avant d’être transmise par la présidence au ministère de la Solidarité nationale et de l’Action sociale, dirigé entre décembre 1999 et juin 2002 par Djamel Ould Abbès. Quant aux faits reprochés par la justice, ils auraient débuté, selon des informations à prendre pour le moment au conditionnel, lorsque la présidence aurait demandé, plus d’un an plus tard, la restitution du don koweïtien. Une restitution qui aurait été effectuée dans les règles légales selon les déclarations de l’accusé aux enquêteurs, rapportées par le journal Echorouk. Cependant, l’enquête de la justice aurait également mis en avant que la somme avait été placée dans une institution bancaire, mais les intérêts issus de la transaction, estimés à près de 45 000 dollars n’auraient jamais été enregistrés au profit des fonds de l’Etat. Une somme similaire de 45 000 dollars avait toutefois été retrouvée en 2021 dans un coffre-fort bancaire au nom de l’ancien responsable, suite à l’exécution d’une commission rogatoire délivrée par le juge d’instruction du pôle financier, chargé de l’enquête sur les frères Kouninef. Nouveau procès de Djamel Ould Abbès, qui devrait en ce sens apporter plusieurs informations sur le fonctionnement du secteur de la Solidarité durant la présidence Bouteflika. Il est à rappeler que l’ex-ministre, deux fois à la tête du secteur, entre décembre 1999 et juin 2002, puis entre mai 2010 et septembre 2012, avait été condamné, en 2020, à une peine de huit ans de prison pour détournement et dilapidation de deniers publics, conclusion de marchés en violation de la législation et abus de fonction. Une décision appliquée par la justice, mais sous le coup d’un recours en cassation.