Par Bouzid Chalabi
Les 27 000 tonnes de blé tendre en provenance de France, où ont été découverts deux cadavres d’animaux, sont interdits d’entrée sur le territoire national. C’est ce qu’a annoncé le Directeur général du contrôle et de la répression de la fraude auprès du ministère du Commerce, Mohamed Louhaidia, lors de son passage hier à la Chaîne III sur les ondes de la Radio nationale. Il a en outre informé que cette interdiction de débarquement « s’applique quel que soit le résultat des analyses physico-chimiques opérées sur des échantillons prélevés sur les cargaisons des navires concernés». Autrement dit, quand bien même les analyses physico-chimiques se révéleraient négatives, «l’interdiction d’entrée sur le territoire national sera maintenue jusqu’à nouvel ordre», explique le Directeur général. Non sans lâcher dans la foulée que «la protection du consommateur est une ligne rouge à ne pas franchir». Ainsi, on peut déduire que cette interdiction d’entrée sur le territoire de blé français après la découverte de reste d’animal dans deux cargaisons différentes, le 10 juin dernier, vise en premier lieu à rassurer les consommateurs « lesquels n’ont plus à s’inquiéter dès lors où des mesures strictes ont été prises afin que la distribution de blé affecté soit annihilée», a-t-il enfin rassuré avant de passer à d’autres sujets.
Notons toutefois que la découverte de restes d’animaux dans des cargaisons de blé a fait couler beaucoup d’encre au point de laisser libre cours à des commentaires des plus farfelus. Et pourtant, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural Abdelhamid Hamdeni s’était évertué, dans une conférence de presse qu’il s’était empressé d’organiser le 16 juin dernier, à éclairer l’opinion publique. Expliquant à cette occasion que les cadavres de deux animaux ont été retrouvés dans une cargaison de 27 000 tonnes de blé tendre en provenance d’un port français. Précisant que le premier cadavre d’animal a été découvert le 10 juin au niveau d’un dock silo dans la wilaya de Saïda, où ont été acheminés les volumes de blé déchargés pour leur distribution aux minotiers de la région et autres utilisateurs de cette céréale. «Des mesures ont immédiatement été prises notamment la mise sous scellés de la quantité de blé et par la suite il a été procédé à son incinération. Des instructions ont été données pour arrêter l’opération de déchargement au niveau de la wilaya d’Oran», avait révélé le ministre. Concernant les deux cadavres d’animaux découverts sur un autre bateau à quai dans le port d’Oran, il a expliqué qu’ils étaient en état de décomposition avancé. Le ministre avait également indiqué à cette même occasion que le fournisseur mis en cause» a été black listé, non sans affirmer que son département «a toute la latitude de poursuivre en justice le fournisseur indélicat car il s’agit là d’une transaction commerciale qui est soumise à un cahier des charges et des clauses de contrat qui seront appliquées, peu importe le pays exportateur, car il est question dans ce cas précis de souveraineté nationale». Et de conclure dans ce sens : «La santé du citoyen ne se négocie pas.» Il importe de rappeler enfin qu’une substance a été identifiée dans une quantité de blé importée de Lituanie, en novembre dernier et ce, après la découverte de graines colorées dans une partie des 30 000 tonnes de blé importées. Cette affaire, qui avait provoqué un scandale, avait mené au limogeage du Directeur général de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC) de l’époque, Abderrahmane Bouchahda. <