Information rapportée hier par plusieurs organes de presse, les avocats de Saïd Bouteflika et de Taleb Louh ont «fait appel» dans l’affaire des «SMS». Le dossier, principalement lié aux pressions qu’ils auraient exercé durant leurs mandats sur la justice au profit d’homme d’affaires, avait en effet été requalifié la semaine dernière par la chambre d’accusation près la Cour d’Alger en «affaire pénale».
Accusation qui cite, pour rappel, plusieurs anciennes personnalités politiques et économiques de premier plan, mais aussi plusieurs anciens magistrats. Les charges retenues contre les accusés vont, notamment, de la «mauvaise gestion» à «l’influence» sur des décisions de justice, en passant par «l’entrave au bon fonctionnement de la justice» et «l’incitation» à la fraude en ce qui concerne le contenu de documents officiels. Dans cette affaire les noms de Saïd Bouteflika, Chakib Khelil, son épouse et ses deux enfants, Ali Haddad, Mahieddine Tahkout ainsi qu’une quinzaine de magistrats sont cités. Elle avait débuté avec la découverte des «sept téléphones» de l’ancien ministre de la Justice et garde des Sceaux Tayeb Louh. L’étude de leur contenu aurait révélé l’existence d’un large réseau visant à faire pression sur la justice. Parmi les «bénéficiaires» Mahieddine Tahkout, par l’entremise de l’ancien Premier ministre Noureddine Bedoui, mais aussi Ali Haddad qui, lors d’un «conflit» judiciaire avec la chaîne de télévision privée Beur TV, aurait sollicité Saïd Bouteflika, lui demandant de «prendre contact avec Tayeb Louh». Ce dernier, arrêté dès 2019, après avoir été ministre de la Justice durant plus de 5 ans et demi, aurait par ailleurs participé à l’annulation des mandats d’arrêt internationaux lancés contre Chakib Khelil.