Le verdict dans «l’affaire» Kouninef, un dossier de «corruption» jugé depuis le 9 septembre dernier par le Tribunal de Sidi M’Hamed, devrait être connu aujourd’hui (23 septembre), avait fait savoir la présidente de la séance à l’issue de la dernière audience, le 12 septembre. Les prévenus, la fratrie Kouninef, héritière du groupe économique KouGC, ainsi que leurs nombreux co-accusés, sont, pour rappel, poursuivis pour des actes de «blanchiment d’argent», d’obtention «d’indus avantages», de «détournement de fonciers et de concessions» ainsi que pour «non-respect des engagements contractuels dans la réalisation de projets publics».
Le Parquet général avait pour rappel requis des peines de 18 ans de prison ferme à l’encontre de Réda Kouninef, 15 ans contre Tarek-Noah et Abdelkader-Karim Kouninef, ainsi que 10 ans fermes à l’encontre du gérant du groupe KouGC , Keddour Ben Tahar. Souad-Nour Kouninef, actuellement «en fuite», risque quant à elle une peine de 20 ans de prison ferme et une amende de 8 millions de dinars avec le lancement d’un mandat d’arrêt international. Quant aux co-accusés, dont plusieurs sont des ex-cadres des ministères de l’Industrie, de l’Agriculture, de l’Hydraulique, de l’Energie ou encore des Télécommunications, ils risquent divers peines d’emprisonnement allant de 3 à 6 ans, ainsi que des amendes pouvant aller jusqu’à 1 million de dinars.
Affaire «complexe» de par le nombre de faits rapprochés, la procédure judiciaire a ainsi nécessité de long mois d’enquête et d’instruction, depuis le placement sous mandat de dépôt des trois frères Kouninef en avril 2019. Les poursuites sont notamment focalisées sur les conditions d’attribution de prêts bancaires au groupe KouGC et ses filiales au travers de nombreuses institutions financières, dont le Fonds national de l’investissement et la Banque de l’agriculture et du Développement rural, avait précisé l’APS. En ce sens, les informations recueillies durant les audiences ont laissé apparaître l’énorme préjudice causé au Trésor public. Les déclarations de la partie civile ont ainsi révélé que les opérations financières du groupe KouGC ont, entre autres, entraîné des pertes estimées à «plus de 260 milliards de dinars algériens, dont 186 milliards de dinars dus aux crédits injustifiés octroyés au groupe par des banques publiques, et 75 milliards de dinars aux indus privilèges obtenus par le même groupe». Des accusations cependant niées par les principaux prévenus qui ont clamé leur innocence et demandé à être «jugés dans le respect de la loi». Les anciens responsables et représentants de filiales du groupe KouGC avaient, pour leur part, affirmé, lors de l’audience du jeudi 10 septembre, qu’ils «ignoraient» les conditions dans lesquelles les marchés du groupe avaient été obtenus et qu’ils n’étaient «pas au courant ni de l’existence ni du montant des prêts octroyés à certaines filiales du groupe».