Trois jours après la découverte des corps sans vie de deux jeunes harragas dans un aéronef d’Air Algérie, à l’aéroport international d’Alger, des responsables de la police et de la sécurité du site ont été sanctionnés et limogés. L’enquête ouverte par le procureur de Dar El Beïda sur les circonstances du drame se poursuit.

Par Lyes Sakhi
Le Directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) Farid Zineddine Bencheikh a procédé, hier, à des changements importants à la tête de la Police des frontières (PAF) et de la sécurité à l’aéroport international Houari-Boumediène d’Alger. En effet, il a mis fin aux fonctions de plusieurs responsables en charge de la sécurité aux frontières à la police nationale ainsi qu’à l’aéroport international d’Alger Houari Boumediène.
Il s’agit du Directeur général de la Police des frontières (PAF), Salah Makhlouf, du directeur adjoint de la Police des frontières aériennes, du responsable de la Police des frontières de l’aéroport international d’Alger, et du responsable chargé de la sécurité des aéronefs. Le DGSN a également mis fin aux fonctions du responsable de la brigade de sécurité et du contrôle, de l’officier-commissaire de l’aéroport Houari Boumediène ainsi que d’autres responsables sécuritaires opérationnels à l’intérieur de l’enceinte aéroportuaire.
Ces limogeages interviennent après la découverte, samedi 4 juin au petit matin, des corps sans vie de deux jeunes hommes, 20 et 23 ans, selon un communiqué de la DGSN qui n’a pas donné de précision sur leur identité. Leurs cadavres ont été retrouvés dans la soute d’un avion relevant de la compagnie aérienne Air Algérie qui était à l’arrêt sur le tarmac de l’aéroport. D’autres sources ont indiqué que cet appareil était de retour de Barcelone et que les malheureux ont été retrouvés inertes dans le train d’atterrissage.
A l’évidence, ces deux jeunes ont tenté d’émigrer clandestinement en Europe. Leur mort suscite la polémique sur la manière dont ils ont pu s’introduire à l’intérieur du site aéroportuaire – considéré comme ultra sécurisé- et de parvenir jusqu’à l’avion où ils ont perdu la vie. La controverse s’est d’autant plus amplifiée que les deux jeunes décédés ont pris le temps de se filmer à l’aide d’un téléphone portable.
A la découverte de ce drame, la Direction générale de la sûreté nationale a indiqué, dans un communiqué, qu’une enquête a été ouverte sous la supervision du procureur de la République près le tribunal de Dar El Beïda pour déterminer les causes du décès des jeunes harraga.
Ce n’est pas la première fois que le dispositif de sécurité dans un aéroport algérien fait l’objet d’une intrusion. En mars dernier, un adolescent de 16 ans a réussi à déjouer les contrôles de l’aéroport de Constantine pour s’introduire dans la soute à bagages d’un avion d’Air Algérie en partance pour Paris. L’adolescent a eu la vie sauve heureusement durant le vol. A la suite de cet incident, quatre responsables de la Police des frontières ont été suspendus.
A la suite du limogeage opéré à l’aéroport d’Alger, des intérimaires ont été désignés. L’officier inspecteur général et contrôleur général, Arezki Hadj Saïd, a été chargé de diriger les services de la PAF. D’autres hauts gradés de la police se sont vus confier les charges de contrôle et de sécurité du site. n