L’affaire du blé avarié, transporté dans un bateau ayant accosté au port d’Oran, le 8 juin courant, en provenance de France, a fait parler d’elle, lors d’une conférence de presse animée hier par le ministre de l’Agriculture Abdelhamid Hemdeni.

Par Feriel Nourine
Ce dernier a fait savoir aux médias que son département comptait, par le biais de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), mettre le fournisseur incriminé sur la liste noire et engager à son encontre des procédures judiciaires. Il est accusé d’avoir expédié plus de 27 000 tonnes de blé tendre dans des conditions non conformes aux normes d’hygiène et de salubrité exigées dans ce type d’opération.
« Nous avons pris la décision de blacklister le fournisseur et il y aura très certainement des poursuites (judiciaires) contre lui pour exiger le remboursement de cette marchandise jugée irrecevable », a déclaré M. Hemdeni. Dans cette perspective, le ministre du secteur a indiqué que l’OAIC a déjà engagé avec des experts les procédures pour le remboursement et le dédommagement de l’Office, soulignant que les fournisseurs sont tenus de respecter les normes phytosanitaires et la qualité du produit exigées dans le cahier des charges.
Des analystes phytosanitaires ont été effectuées sur des échantillons de blé du premier chargement, attestant de la qualité du grain et la première cargaison, d’une quantité de 600 tonnes, avait été acheminée vers la Coopératives de céréales et de légumes secs (CCLS) de Saïda, a expliqué l’intervenant, avant d’ajouter que, lors du déchargement de la marchandise au niveau de cette CCLS, « il a été suspecté la présence de cadavre d’animal en état de décomposition », poussant l’Office « à immédiatement cesser le déchargement », a-t-il encore souligné, affirmant que cette quantité de blé tendre a été complètement détruite.
Par ailleurs, un deuxième cadavre d’animal a été découvert dans une autre cargaison et des instructions ont été données pour la mise sous scellés de toute la cargaison avant son refoulement vers le pays d’origine. A ce sujet, le ministre semble faire référence à la cargaison de 33 000 tonnes de blé avarié en provenance du Canada et dont le navire transporteur avait accosté au port de Annaba.
Dans un communiqué rendu public le 6 juin, l’OAIC a expliqué avoir rejeté, en date du 24 mai dernier, une cargaison de blé pour non-respect des normes par le fournisseur Richardson. Le navire a été saisi, avait précisé la même source, faisant savoir que les agents de contrôle, l’Inspection du commerce et les services de l’Institut national de la protection des végétaux (INPV) ont constaté la présence d’insectes et une odeur nauséabonde de la cargaison due à l’infiltration des eaux sachant que son acheminement a duré 45 jours depuis le pays producteur (Canada) jusqu’au port de Annaba.<