La Cour d’appel d’Alger a condamné, hier, les ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, respectivement, à 15 et 12 ans de prison ferme. En revanche, elle a allégé les peines infligées à l’encontre d’anciens ministres et patrons, poursuivis pour corruption et financement illégal de la campagne en prévision
du projet avorté d’un 5e mandat de l’ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika. Par ces verdicts, la Cour d’appel confirme les sentences déjà prononcées le 10 décembre dernier contre les anciens chefs de gouvernement Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal. Ils ont huit jours pour se pourvoir en cassation.
Pour ce qui concerne les deux anciens ministres de l’Industrie, Mahdjoub Bedda et Youcef Yousfi, condamnés en première instance à 10 ans de prison, ils ont vu leurs peines réduites de moitié. Ils écopent d’une peine de 5 ans ferme. L’ancien patron du Forum des chefs d’entreprise (FCE) et leader du groupe ETRHB, Ali Haddad, a écopé de quatre ans de prison contre sept ans en première instance.
«Verdict injustifiable»
Pour son avocat, Me Kaled Bourayou, «c’est un verdict injustifiable». «Tant que la justice est instrumentalisée, on ne peut pas s’attendre à autre chose», a critiqué l’avocat, qui va se pourvoir en cassation. Deux autres hommes d’affaires, Hassen Arbaoui et l’ancien vice-président du FCE, Mohamed Bairi, ont été condamnés à des peines identiques respectivement de 4 et 3 ans d’emprisonnement.
La Cour d’appel a jugé «innocent» l’ancien ministre des Travaux publics et ancien directeur de campagne de Bouteflika, Abdelghhani Zaâlane, qui reste en prison avant de comparaître pour d’autres affaires où il est encore cité. Farès Sellal, fils de l’ancien Premier ministre Abdelmalek Sellal, est condamné à 2 ans de prison ferme. L’ancienne wali Nouria Yamina Zerhouni a été condamnée, elle aussi, à deux ans de prison ferme et voit sa peine réduite de trois ans. Amine Tira, ex- fonctionnaire au ministère de l’Industrie et des Mines a été condamné à 3 ans de prison ferme.
D’autres procès attendent certains des accusés, cités dans des volets des vastes enquêtes relatives à des faits présumés de corruption, ouvertes depuis le départ du président Bouteflika et soupçonnées de servir opportunément des luttes de clan au sommet dans l’après-Bouteflika.
Selon les actes d’accusation, le financement du projet de campagne pour le 5e mandat de l’ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika a occasionné une perte au Trésor public estimée à 110 milliards de dinars.
Le scandale du montage automobile, lui aussi en procès, a entraîné une perte pour le Trésor public estimée à plus de 128 milliards de dinars, selon des chiffres officiels. Il est à noter que l’ancien ministre de l’Industrie, plusieurs fois cité dans ces affaires, actuellement en fuite, a été condamné à une peine de 20 ans de réclusion criminelle. Il fait l’objet d’un mandat d’arrêt international.