Le procès en appel impliquant d’anciens hauts responsables de l’Etat, dont les deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, dans des affaires de montage automobile et de financements occultes de la campagne électorale de la présidentielle d’avril 2019 devant reconduire l’ex-président, a été une nouvelle fois reporté.

Mais avec cette annonce du président de la Chambre correctionnelle de la Cour de Ruisseau qu’il s’agit d’un dernier report et que le procès en appel aura lieu le 1er mars prochain. Ce deuxième report est venu également à la demande de la défense des accusés. Cette dernière a justifié sa demande de report par «l’état de santé de Sellal et de Ouyahia». Le report a été par ailleurs motivé par l’arrivée de nouveaux avocats dans l’équipe de défense des accusés, des avocats qui auraient besoin encore de temps pour mieux étudier le contenu du dossier. Ce procès en appel avait été déjà reporté une première fois, le 12 février, par la Cour d’Alger. Il devait avoir lieu suite à l’appel interjeté par le Parquet et le collectif de défense contre le verdict prononcé, le 10 décembre 2019, par le tribunal de Sidi M’hamed.
Il faut souligner que ce procès concerne les deux anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, ex-ministres des années Bouteflika et des opérateurs investis dans ce qui a été faussement présenté comme l’industrie automobile. Le Parquet de Sidi M’hamed, qui a vu défiler de nombreux anciens dirigeants et des acteurs économiques qui se sont retrouvés en prison, avait condamné Bouchouareb Abdessalem par contumace à une peine de 20 ans de prison ferme, assortie d’une amende, avec émission d’un mandat d’arrêt international à son encontre, et Ahmed Ouyahia à une peine de 15 ans de prison ferme assortie d’une amende de 2 millions de DA, avec confiscation de tous leurs biens. Pour sa part, Abdelmalek Sellal a été condamné à une peine de 12 ans de prison ferme assortie d’une amende de 1 million de DA, alors que l’ancien ministre Yousfi Youcef a écopé d’une peine de 10 ans de prison ferme. L’ancien ministre Bedda Mahdjoub a écopé, lui, d’une peine de 10 ans de prison ferme, au moment où l’ancienne ministre Zerhouni Nouria Yamina, a été condamnée à une peine de 5 ans de prison ferme et l’homme d’affaires Mazouz Ahmed à une peine de 7 ans de prison ferme avec confiscation des fonds saisis.
Au sein des opérateurs, Hassan Arbaoui a écopé d’une peine de 6 ans de prison ferme avec confiscation des fonds saisis, l’homme d’affaires Mohamed Bairi d’une peine de 3 ans de prison ferme et le fils de l’ancien Premier ministre, Fares Sellal, d’une peine de 3 ans de prison ferme. L’ex-P-DG de la BNA, Achour Aboud, a écopé, lui aussi, d’une peine de 3 ans de prison ferme, au moment où Hadj Saïd Malek et Chaïd Hamoud, liés à la collecte de fonds pour la campagne électorale de la présidentielle avortée d’avril 2019, ont été condamnés à 2 années de prison, dont une avec sursis.
Première du genre, le verdict du Parquet de Sidi M’hamed a demandé la confiscation de tous les biens des deux ex-Premiers ministres. Le même Tribunal a exigé des ministres et hommes d’affaires incriminés de verser au Trésor public la somme de 20 milliards
de DA à titre de dédommagement et condamné Ahmed Ouyahia, les anciens ministres de l’Industrie, Abdessalem Bouchouareb, Youcef Yousfi et Mahdjoub Bedda, et Amine Tira (fonctionnaire du ministère de l’Industrie) à verser à la partie civile représentée par Abdelhamid Achaïbou (patron de KIA) un montant de 2 milliards de DA de dédommagement. Ce procès a vu également la convocation, sur demande du Procureur, de Saïd Bouteflika, frère et conseiller du président déchu, déjà en détention à la prison militaire de Blida, pour être entendu à titre de témoin sur la question du financement occulte de la campagne électorale de la présidentielle annulée d’avril 2019.
Durant l’audience, le frère conseiller de l’ancien Président avait refusé de répondre aux questions du juge. Un silence qu’il a rompu à l’occasion du procès en appel qui s’est déroulé au Tribunal militaire de Blida et qui a concerné, en plus de lui, les deux anciens patrons de l’ex-DRS, les généraux Toufik et Tartag, et la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) qui a retrouvé sa liberté. n