Le pôle pénal financier et économique près le tribunal de Sidi M’hamed (Alger), a condamné, hier, l’ex-secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Abdelmadjid Sidi Saïd, à une lourde peine de 10 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars.

PAR INES DALI
Ses trois fils sont poursuivis en même temps que lui pour corruption, trafic d’influence et blanchiment d’argent. Le tribunal a condamné son fils Ramine Sidi Said à une peine de 12 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars et conforté le mandat d’arrêt international émis à son encontre. Le deuxième fils mis en cause, Hanafi Sidi Said, a écopé de la même amende et de 5 ans de prison ferme. Le troisième fils, Djamil Sidi Said, a écopé de 3 ans de prison ferme et de la même amende également.
Jugé dans cette même affaire, l’accusé Sahnoun Mohamed Ghilas a été condamné à une peine de 3 ans de prison ferme assortie d’une amende de 8 millions de dinars, tandis que l’ancien directeur général de l’Office de promotion et de gestion immobilière (OPGI) d’Hussein Dey, Rehaimia Mohamed, a écopé d’un an de prison ferme assorti d’une amende de 200.000 DA. L’ancien directeur général de Mobilis, Chouader Ahmed, a été condamné à 2 ans de prison ferme, alors que le président du conseil d’administration de la Mutuelle des travailleurs des industries pétrolières, Abderrazak Hasbellaoui, a été condamné à une peine d’un an de prison avec sursis assorti d’une amende de 100.000 DA. Le reste des accusés ont été acquittés. Le pôle financier et économique a prononcé un jugement portant confiscation de tous les biens et revenus saisis dans le cadre de cette affaire.
Pour rappel, lors de son audition par le juge, l’ancien patron de la centrale syndicale de 1997 à 2019 a nié les accusations pour lesquelles il a été poursuivi dont les logements indûment attribués à ses fils. «Mon fils a obtenu ce logement sur initiative personnelle du responsable de la mutuelle, qui lui a proposé d’acheter le bien du fait qu’il n’avait pas de logement durant cette période», a-t-il répondu à l’interrogation du juge lui demandait «comment expliquer l’obtention par votre fils d’un F3 et de deux locaux auprès de la mutuelle des travailleurs pétroliers, alors qu’il n’en est pas membre ?».
Sidi Saïd dira par la suite qu’il n’était pas au courant de toute cette procédure, considérant que «c’est la direction de l’UGTA qui a pris l’initiative de céder» à son fils un appartement sans qu’elle ne le mette au courant. «Je n’aurais jamais pris une telle initiative», s’est-il défendu. «Nous pouvons dire que c’est plus du trafic d’influence que de la corruption directe. Mais pourquoi n’avoir pas refusé et même sanctionné une telle décision puisque votre fils n’ouvrait pas droit à un tel logement ?», avait interrogé le juge et à Sidi Saïd de répondre qu’ils «ont agi» sans l’en informer.
Le juge a ajouté que «c’est la mutuelle des travailleurs pétroliers et non pas n’importe quel citoyen», mais Sidi Saïd a repris les mêmes réponses insistant qu’il n’était pas au courant. «Mais pourquoi n’avoir pas dit à la direction de ne pas vendre ce logement à votre fils ?», lui a demandé le juge, insistant à son tour. Cette fois-ci, l’accusé a gardé le silence.
L’ex-chef de l’UGTA a été également interrogé sur les 13 logements de fonction situés aux Bananiers, acquis par le Centrale syndicale auprès de l’OPGI de Hussein Dey, et dont quelques appartements ont été attribués à ses enfants. «Ces logements étaient en vente. Une demande d’achat a été faite, et l’achat était légal», a répondu Sidi Saïd, qui a comparu par visio-conférence vidéo à partir de la prison d’El Harrach où il était en détention provisoire depuis mai 2022.
Son avocat, Miloud Brahimi, a indiqué hier qu’il ferait appel de ces verdicts. n