Par Sihem Bounabi
Le feuilleton des décisions de justice qui touche le secteur des transports, en Algérie, a connu un nouvel épisode, hier, avec l’annonce de nouvelles mesures contre Tahar Allache, ancien Directeur général de la Société de gestion des services et infrastructures aéroportuaires d’Alger (SGSIA), limogé le 31 mai dernier après plus de 15 ans à la tête de l’aéroport d’Alger.
En effet, la justice a ordonné la saisie des biens de l’ancien Directeur général de l’aéroport d’Alger et le gel de ses comptes bancaires, selon une information du site du journal Echourouk fortement relayée par les médias électroniques, qui rapporte que «le juge d’instruction près la deuxième chambre du pôle pénal, économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed à Alger a décidé la saisie des biens mobilier et immobilier ainsi que le gel des comptes en banque de Tahar Allache.
Il est également annoncé que l’ancien Directeur général de l’aéroport d’Alger devrait comparaître devant la justice au courant de la semaine prochaine, et serait poursuivi dans «une affaire de corruption liée à la gestion de l’aéroport d’Alger», sous notamment les chefs d’inculpation de «conclusion de marchés douteux» et «dilapidation de deniers publics». Le responsable serait ainsi soupçonné d’implication dans des affaires de corruption lors de conclusion de marchés publics liés à la réalisation de la nouvelle aérogare d’Alger.
Il est à souligner que Tahar Allache était sous le coup de l’interdiction de sortie du territoire national (ISTN) depuis le 1er août dernier pour «abus de fonction». Il faisait également l’objet d’une enquête de la Brigade économique et financière (BEF) depuis plusieurs mois et son dossier remis au procureur de la République.
Pour rappel, la semaine passée a également été marquée par l’ouverture d’une enquête contre des hauts responsables de la sécurité de l’aéroport international Houari-Boumediène d’Alger, suite à la découverte de l’accident qui a coûté la vie à deux jeunes clandestins à l’aéroport international d’Alger.
Dans un communiqué de la présidence, il avait été précisé à ce sujet que, suite à l’enquête préliminaire, il a été procédé à l’arrestation et au placement en garde à vue de quatre mis en cause pour «leur implication et participation à des faits ayant conduit aux décès des deux victimes». Le communiqué avait aussi précisé qu’il a été procédé également à la suspension administrative de neuf responsables à la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) et à l’aéroport Houari-Boumediène. En l’occurrence, le directeur de la police aux frontières, la sous-directrice des frontières aériennes, le sous-directeur de la sécurité de l’aéroport, un chef de brigade de sécurité et le commissaire de police chargé du contrôle aérien. De même, le responsable de la salle de contrôle vidéo relevant de la section de la Police aux frontières à l’aéroport Houari-Boumediène, un chef de service de la même section, le commissaire principal de police chargé de la technique de sécurité au sein de l’aéroport et du contrôle des alentours et l’inspecteur de police chargé de la permanence au niveau de l’aéroport ont été aussi suspendus et renvoyés devant la commission disciplinaire, en attendant le parachèvement de l’enquête préliminaire prévue par la loi dans le cadre des dispositions du Code de procédure pénale et leur présentation devant le procureur de la République territorialement compétent.
Par ailleurs, de hauts responsables du secteur du transport maritime sont également au cœur d’une tempête judiciaire après que l’image de l’Algérie a également été malmenée suite à la pagaille au niveau des agences commerciales prises d’assaut qui a fait le tour du monde ainsi que le scandale d’une traversé maritime Marseille/Alger presque à vide. Ainsi, le 10 juin dernier, le juge d’instruction près le Pôle économique et financier du tribunal de Sidi M’hamed a ordonné la mise en détention provisoire du PDG de l’Entreprise nationale de transport maritime de voyageurs (ENTMV), Kamel Issad, du directeur marketing, logistique et chef d’escale et du directeur commercial. Le Directeur général adjoint et le chef du service informatique chargé des réservations sont, quant à eux, placés sous contrôle judiciaire. Les mis en cause sont poursuivis pour «trafic d’influence, mauvaise utilisation de la fonction, octroi d’indus avantages, enrichissement illicite» et «non-déclaration de patrimoine», ainsi que «dilapidation et utilisation illégale de biens et d’argent publics». <