Nouvelles mises en détention provisoire dans l’affaire de l’assassinat de Djamel Besmaïl, à Larbaâ-Nath-Irathen, dans la wilaya de Tizi-Ouzou. Hier, au troisième jour des auditions, le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed a ordonné le placement sous mandat de dépôt de 11 autres suspects parmi les 92 déférés devant le Parquet et interrogés depuis lundi.

Par Feriel Nourine
La Liste s’allonge donc chaque jour et, hier, ils étaient 53 mis en cause à avoir été placés sous mandat de dépôt par le magistrat instructeur, selon des sources judiciaires citées par le quotidien gouvernemental El Moudjahid. Parmi ces derniers figurent les trois femmes, dont l’arrestation a été annoncée il y a quelques jours par le directeur de la Police judiciaire. L’enquête sur l’ignoble crime dont a été victime le jeune Djamel, le 11 août, se poursuit et de nouvelles mises en détention préventive sont attendues.
Pour rappel, les personnes présentées devant la justice sont suspectées d’être «impliquées à différents degrés dans l’homicide, l’immolation et la mutilation d’un cadavre, la destruction de biens et la violation d’un siège de police», a souligné la Direction générale de sûreté nationale (DGSN), la semaine dernière. Des chefs d’inculpation qui, s’ils devaient être confirmés en dernière instance de jugement, coûteraient jusqu’à la peine capitale aux condamnés, indiquent des experts en la matière. Ceci d’autant que nombreux parmi les personnes arrêtées par la Police judiciaire ont avoué leur implication directe dans ce crime et, surtout, pour dire qu’ils ont agi en tant que militants du MAK, confirmant ainsi les révélations de la DGSN à propos de «la découverte d’un réseau criminel, classé comme organisation terroriste, qui est derrière le plan ignoble, de l’aveu de ses membres arrêtés». Sur des vidéos, les auteurs des mêmes aveux soutiendront leur «implication» qui a secoué l’Algérie entière et préciseront avoir «frappé la victime avant de la traîner, tuer, brûler puis mutiler» au niveau la place du martyr Abane Ramadane, au centre-ville de Larbaâ Nath Irathen.
Des notables de LNI chez la famille Bensmaïl
En attendant de mener les suspects vers l’inculpation puis le banc des accusés, l’enquête judiciaire se poursuit avec de nouvelles révélations sur les motifs du crime commis sur le jeune originaire de Miliana (wilaya de Aïn Defla) par l’usage du lynchage puis l’immolation du corps meurtri.
Des pratiques dont l’horreur défie même les plus sataniques des fictions, plongeant l’ensemble des Algériens dans un traumatisme national qui s’est vite transformé en dénonciations et condamnations à l’unisson, sur fond d’appels à se dresser unanimement contre la haine et la division, mais aussi à rendre justice au jeune héros et sa famille en appliquant le châtiment que méritent ses bourreaux en délire criminel et qui l’attendaient devant le commissariat de LNI pour exécuter leur vile besogne.
C’est d’ailleurs dans cet élan solidaire exprimé envers la famille Bensmaïl, et dans la foulée des efforts qui se poursuivent pour éteindre toute velléité de haine et de division, que cette famille a reçu hier la visite d’une délégation d’une dizaine de notables venue de LNI la soutenir dans la douloureuse épreuve qu’elle traverse depuis cet insoupçonné mercredi 11 août 2021.
Une visite de pardon et d’union aussi qui a vu les notables remettre au père de Djamel la Dyya (prix du sang). Ce dernier n’a pas manqué de rééditer, une nouvelle fois, le discours rassembleur qu’il sème depuis le jour fatidique qui a vu son fils quitter ce monde par la plus atroce des voies. Un père digne et qui semble puiser sa dignité dans le plus profond de son supplice. N’en déplaise à ceux qui ont commandité le crime du martyr Djamel, qui l’ont perpétré, ou les vulgaires opportunistes qui tentent encore de l’exploiter pour planter leur couteau de haine dans le dos de l’Algérie.