Par Nadir Kadi
La Cour d’Alger a rendu hier son verdict final dans le dossier de l’ex-DGSN Abdelghani Hamel, poursuivi, aux côtés des membres de sa famille, pour «corruption» et «abus de fonction». L’ancien responsable se voit condamné ainsi à 8 ans de prison ferme, ces fils, Amiar, Chafik et Mourad, ont pour leur part écopé de 5, 4 et 3 ans, tandis que sa fille et son épouse ont respectivement été condamnées à 18 mois de prison avec sursis et un an de prison avec sursis.
Verdict plus «clément» que la peine initiale de «12 ans de prison ferme» prononcée en 2020, il pourrait toutefois avoir d’autres condamnations dans les prochaines semaines. La Cour de justice de Boumerdès a, en effet, repoussé au 15 décembre prochain le procès en appel dans l’affaire de «détournement» présumé de biens et de foncier agricole.
Nouveau verdict, annoncé hier par la Cour d’Alger, qui fait, pour rappel, suite au pourvoi en cassation introduit par la Cour suprême contre la précédente sentence prononcée en août 2020 par la même Cour d’Alger. Le jugement dans cette affaire, qui cite la complicité de membres de la famille de l’ex-DGSN mais aussi d’anciens walis et cadres de l’Etat, avait mis en avant des actes de «blanchiment d’argent», d’«enrichissement illicite», de «trafic d’influence» et d’«obtention d’assiettes foncières par des moyens illégaux». La justice avait en ce sens laissé apparaître qu’Abdelghani Hamel et sa famille étaient à la tête d’un patrimoine bien supérieur aux revenus déclarés, ainsi malgré un salaire «officiel» de 450 000 dinars. Il est précisé, selon l’accusation, que les biens immobiliers ou fonciers répartis dans plusieurs wilayas, notamment des logements LSP, des locaux commerciaux, dont certains aux nom de ses enfants, auraient été possédés uniquement grâce à «l’influence» de sa fonction de DGSN. La procureure révélant par ailleurs, lors du procès, que certains biens avaient été acquis en dessous de leurs valeurs réelles. L’ensemble des accusations n’ont jamais été reconnus par les avocats de la famille Hamel, évoquant entre les lignes un «complot» contre leurs clients et une affaire artificiellement gonflée.
Quant aux nombreuses complicités citées dans le dossier, elles ont également abouti, hier, selon l’APS, à la condamnation de plusieurs ex-responsables, notamment l’ancien wali de Tipasa, Moussa Ghellaï, condamné à trois ans de prison ferme, l’ancien Directeur général de l’Office public de la gestion et de la promotion immobilières (OPGI) d’Hussein Dey, Mohamed Rehaimia, condamné à deux ans de prison ferme, l’ancien directeur des Domaines de Tipasa, Bouamrane Ali, a écopé d’un an avec sursis, alors qu’Abdelghani Zaalane, a été condamné à un an de prison ferme en tant qu’ancien wali d’Oran. Quant au report au 15 décembre du procès en appel contre Abdelghani Hamel, programmé au niveau Cour de justice de Boumerdès, il s’agit d’une demande du collectif de la défense en raison de l’absence de l’accusé principal dans cette affaire. Cette seconde affaire jugée simultanément, cite également l’ex-DGSN et des membres de sa famille et se concentre sur des accusations proches de «détournement de foncier agricole» et «d’abus de pouvoir». Le procès en première instance, en juin 2020, avait, pour rappel, abouti à des peines de prisons particulièrement lourdes, dont 12 ans contre Abdelghani Hamel et l’ancien wali de Tipasa Moussa Ghelai, ou encore 10 ans de prison ferme contre chacun des ex-walis de Tipasa, Kadi Abdelkader et Layadi Mustapha, et 3 ans de prison ferme contre Chafik Hamel et Salim Djai Djai, ex-chef de la Sûreté de wilaya de Tipasa. Ces sanctions retenant entre autre les chefs d’accusation de «détournement de foncier agricole», «détournement de fonds publics», ou encore «abus de fonction» et «trafic d’influence» ont cependant été contestées auprès de la Cour Suprême ; la Chambre pénale près la Cour de Boumerdès a de ce fait procédé à la désignation d’une nouvelle composante de magistrats pour le prochain procès en appel. <