En attendant, le verdict final, le procès de l’ancien président-directeur général de Sonatrach Abdelmouène Ould Kaddour a été marqué par le lourd réquisitoire, mardi soir, du procureur de la République près le pôle pénal et économique du tribunal de Sidi M’hamed (Alger).

PAR Ines Dali
En effet, Abdelmoumène Ould Kaddour encourt une peine de 18 ans de prison ferme. L’ex- PDG de Sonatrach est poursuivi dans une affaire de corruption liée à l’acquisition de la raffinerie d’Augusta, en Italie. Il vient ainsi allonger la liste des condamnés pour corruption de l’ancien système sous l’ancien président Abdelaziz Bouteflika. Dans cette même affaire, le procureur de la République a requis également une peine de 10 ans de prison ferme contre Nassim Ould Kaddour (fils) avec émission d’un mandat d’arrêt international et 5 ans de prison ferme contre l’épouse de l’accusé principal, Anissa Ouabdessalam.
Des peines allant de 7 et 10 ans ont été requises contre nombre d’anciens cadres de Sonatrach, poursuivis dans la même affaire outre la confiscation des avoirs saisis durant l’instruction. Le procès a débuté, mardi matin, par l’audition des accusés et des témoins avant de passer aux plaidoiries, après avoir été reporté le 25 octobre dernier à la demande de la défense. Dans cette affaire, outre Ould Kaddour, il y a également l’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia qui est mis en accusation.
Les chefs d’accusation sont au nombre de sept et sont principalement liée à la corruption, plus précisément aux conditions d’achat de la raffinerie d’Augusta par la Sonatrach en décembre 2018.
Les charges sont particulièrement lourdes et ont trait à la « conclusion de marchés publics contraires à la réglementation et aux lois en vigueur, en vue d’accorder à autrui des avantages non justifiés», «dilapidation de deniers publics», «abus de fonction», «trafic d’influence», «conflit d’intérêts» et «non-consultation du partenaire social, lors de la conclusion de la transaction».
Le prix initial d’achat, fixé initialement à 725 millions de dollars, avait été largement dépassé pour atteindre un montant de plus de 2 milliards de dollars à la session effective du bien. Ould Kaddour, lors de son audition par la justice depuis son extradition des Emirats arabes unis et son incarcération, a expliqué en partie l’origine des surcoûts. Des sources de presse avaient indiqué que l’ancien PDG de Sonatrach avait fait valoir sa « bonne foi », affirmant que le coût de l’acquisition était bel et bien au montant initial et que le reste, à savoir près de 1,3 milliard de dollars, est le fait des coûts de maintenance, d’achat de matière première et de mise en conformité avec la réglementation sur l’environnement. Le lancement de la procédure judiciaire contre Ould Kaddour, rappelle-t-on, avait nécessité l’émission d’un mandat d’arrêt international, suivi de son arrestation et son extradition des EAU vers l’Algérie en août 2021. <