L’ancien président de la Fédération algérienne de football, Mohamed Raouraoua, dont l’intervention était très attendue lors de l’Assemblée générale ordinaire de l’instance, tenue lundi dernier à Sidi-Moussa, a critiqué les bilans moral et financier présentés par la nouvelle équipe dirigeante.

Il n’a, en outre, pas manqué de défendre deux de ses projets, à savoir la construction des centres de formation et l’hôtel 4 étoiles.
« Avant mon départ de la FAF, nous avions entamé plusieurs projets pour développer le football national, dont la création d’Académies sportives un peu partout à travers le territoire national et des centres de formation pour les clubs ainsi que la construction d’un hôtel », a rappelé l’ex-patron de la FAF.
En tant que membre de droit et en sa qualité d’ancien président de la FAF, Mohamed Raouraoua a tenu à expliquer que l’arrêt du projet de l’hôtel de la FAF est une erreur qu’il ne faut pas commettre. Pour lui, chiffres à l’appui, le retour d’investissement est d’importance capitale pour la pérennité des ressources de l’instance fédérale algérienne.
Ceci pour contredire son successeur Kheireddine Zetchi qui « ne voit pas en quoi la construction d’un hôtel peut contribuer au développement du football national », notant que ce projet « est trop coûteux » et que « son retour sur investissement n’est pas garanti ».

Zetchi change les plans
Pour mieux comprendre, il est utile de rappeler que lors des travaux de l’Assemblée générale ordinaire de la FAF de 2015, le président Mohamed Raouraoua avait annoncé le début des travaux de la construction d’un hôtel 4 étoiles appartenant à la Fédération et dont la réception a été annoncée pour 2018.
Le futur hôtel, jouxtant le siège de la FAF à Dely Ibrahim, rattaché à celle-ci sera géré par une nouvelle société économique (Eurl), créée à cet effet, après l’approbation des membres de l’AG. Cette nouvelle Eurl, au capital de 10 millions de dinars avec des fonds s’élevant à 750 millions de dinars pour l’entame du projet, s’occupera ainsi de la réalisation et du suivi du projet.
Selon Raouraoua, « toutes les procédures administratives ont été accomplies en attendant de choisir l’entreprise pour sa réalisation selon ce que prévoit la loi. En réalité, ce projet de la réalisation de cet établissement hôtelier de la FAF remonte à 2012 lorsque la Fédération avait annoncé sa construction.»
Or, après la venue de Zetchi, il a décidé d’annuler ce projet. Lundi dernier, l’ancien président de la FAF, Raouraoua a défendu ce projet en expliquant que « suite au nouveau décret publié et inséré dans la loi de finances 2016 permettant aux Associations telles que la FAF d’investir et qui, remarque-t-il est toujours en vigueur, l’instance fédérale a donc voulu concrétiser ce projet générateur de ressources ».

42 milliards de centimes/an comme recette
M. Raouroua a indiqué que « ce sont des spécialistes qui se sont occupés de toutes les démarches relatives à l’étude de ce projet dont M. Zefzef, l’ex-membre du BF ainsi que la société qui s’est occupée du projet de l’hôtel Mariott de Constantine, le Sheraton de Blida, d’Oran et d’Annaba. On devrait donc construire un hôtel de 10 étages avec un total de 110 chambres dotées de tous les moyens ». On a d’ailleurs inséré ce projet dans le budget de 2017 avec 300 milliards alors que le reste devrait être prêté par le Trésor public. » Mieux encore, poursuit l’ex-président de la FAF « on a eu l’accord pour 15 ans de délai de remboursements avec 3 années de différé. Ce qui veut dire qu’on ne devrait commencer à rembourser  qu’après trois années  d’exploitation de l’hôtel. Selon le business plan, cet hôtel devrait nous rapporter 48 milliards par an de la part de Sheraton. C’est ce que prévoit l’accord avec Sheraton. Or, en ne réalisant pas cet hôtel, on déduit facilement ce qu’on perd comme argent ».
L’ex-président de la FAF a même défendu son autre projet de construction des centres de formation puisque Zetchi veut changer ce projet d’hôtel en 4 centres de formations dans quatre régions différentes du pays. Or, il faut convenir que c’est très bien de construire ces centres, mais leur gestion nécessiterait de l’argent et comment les faire fonctionner sans des ressources attendues ?
C’est pourquoi, l’actuel président de la FAF a estimé que la priorité est de construire ce projet générateur de ressources. Concernant les centres de formation, l’ex-président de la FAF a résumé l’historique du projet des centres de formation prévus pour chaque club avec l’aide du MJS. Seulement, si l’argent pour construire ces centres était prêt du temps du ministre Djiar, il était « impossible à la FAF de le faire dans la mesure où les assiettes où on devait effectuer ces centres de formations ne lui appartenaient pas, car priorité du MJS. Comment voulez-vous que l’on investisse de l’argent dans un terrain qui appartient à autrui et qui donc n’est pas légal ? » Questionne l’ex-président de la FAF en guise d’argumentation.