Procès qui a été reporté le 27 septembre dernier suite au mouvement de grève des avocats, le jugement en appel de l’affaire Ali Haddad a finalement débuté hier à la Cour d’Alger. Le principal prévenu, l’homme d’affaires et ancien président du FCE, condamné en première instance à une peine de 18 ans de prison ferme avec «confiscation des biens» ainsi qu’une amende de 8 millions de dinars, a ainsi comparu hier par visioconférence depuis l’établissement pénitentiaire de Tazoult (Batna). L’ancien Premier ministre Ahmed Ouyahia, également cité dans le dossier, était quant à lui présent depuis la prison d’El Abadla à Béchar. Abdelmalek Sellal, ainsi que d’autres prévenus ont quant à eux comparu dans la salle d’audience.
Ce jugement en appel s’ouvre ainsi après trois reports et plus d’un mois de retard. Il est, en effet, à rappeler que le procès en appel avait initialement été fixé pour le 6 septembre, avant d’être reporté au 20 septembre à cause de «l’absence de certains accusés». Cette dernière audience avait néanmoins été marquée par un véritable bras de fer entre le juge et les avocats de la défense, qui avaient demandé, et difficilement obtenu, un nouveau report «d’une semaine» au motif qu’ils n’auraient pas eu accès à l’ensemble des pièces du dossier d’accusation. L’audience du 27 septembre aura quant à elle été annulée à cause de la grève des avocats. Procès en appel qui devra aujourd’hui réétudier les chefs d’accusation, les verdicts prononcés par le Tribunal de Sidi M’Hamed, dans un dossier où les principaux chefs d’accusation contre Ali Haddad ont été «l’obtention de privilèges immobiliers et bancaires» et la «conclusion de marchés en violation de la législation». Il est également à souligner que cette affaire Ali Haddad, qui cite plus de 60 prévenus et nécessité les témoignages de 166 personnes, avait également abouti à la condamnation des deux ex-Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal à des peines de 12 ans de prison assorties d’une amende d’un million de dinars. Les chefs d’inculpation retenus contre les deux coaccusés ont été «dilapidation de deniers publics, octroi d’indus avantages et abus de fonction». Quant à la ligne de défense des avocats, il est à rappeler qu’ils avaient dénoncé l’utilisation «abusive» selon eux de la visioconférence, demandant chaque audience la présence de l’ensemble des accusés dans la salle. Une demande qui n’a pas été entendue par la Cour d’Alger. Le juge avait notamment indiqué à ce propos aux avocats, le 20 septembre dernier, qu’il s’agissait d’une «procédure normale». Alors que les avocats déclaraient pour leur part que le «jugement à distance est une exception (…) que certains soient présents et d’autres non, est une inégalité».