Le comité national pour la libération du Dr Ali Ghediri a organisé hier une conférence de presse pour revenir sur le cas de l’ex-candidat à la présidence de la République, celle d’avril 2019, annulées, à la fin du 4e mandat de Bouteflika.

Par Hamid Bellagha
Ali Ghediri devait recouvrer sa liberté le 21 février dernier pour être jugé par la suite. Mais la chambre d’accusation a décidé de transférer l’affaire du général à la retraite devant le tribunal criminel de première instance. Il restera donc derrière les barreaux jusqu’à ce qu’à ce qu’il soit jugé.
Un coup dur pour Ali Ghediri après plus de 22 mois de détention. Ses défendeurs pensent que «les magistrats de la chambre d’accusation se sont érigés en juge du siège, en considérant les faits établis et de renvoyer l’affaire devant la même juridiction, autrement composée».
Les copieuses demandes de sa mise en liberté provisoire, introduites par ses avocats, auprès de la chambre d’accusation ont reçu un niet catégorique. Ali Ghediri fait l’objet d’«une détention injuste», et clament qu’elle est «devenue arbitraire» depuis, le renvoi de son dossier par la cour suprême vers la chambre d’accusation.
Il faut souligner qu’Ali Ghediri n’a pas arrêté de crier son innocence depuis sa mise sous mandat de dépôt, le 13 juin 2019, en réitérant sa position par son refus de comparaître pour «un acte criminel», avant d’entamer une grève de la faim. La Covid-19 mettra fin à la grève, sur conseil du médecin de Ali Ghediri. Ce dernier enverra à l’entame du mois de mars écoulé une lettre à l’opinion publique qui n’aura aucun effet sur les positions des tribunaux. C’est sans doute pour tous ces horizons bouchés que le comité cité plus haut a organisé une conférence de presse devant un parterre appréciable de confrères, et aussi plusieurs membres de la famille du général à la retraite.
Optimistes il y a quelques jours, maître Brahimi et ses pairs ne le sont plus car leur client ne passera pas devant un tribunal «avant le début de l’automne», comme le collectif l’a confirmé.
Le moral au beau fixe d’Ali Ghediri sera souligné, tout comme son assurance de n’avoir commis aucun crime. Le «procès» de «l’Algérie nouvelle» sera au menu des intervenants, tout comme l’étonnement de Me Chefai sur le fait que Me Brahimi ait déclaré que «pendant plus de 52 ans sur les prétoires, ce dernier n’avait jamais vu un dossier aussi vide», sans qu’il n’y ait de réactions des institutions concernées sur les propos «d’un ténor du barreau». Sur une question sur le silence du CNLD quant à l’incarcération «arbitraire» de l’ex général, le collectif des avocat se dira étonné de cet état de fait tout en confirmant qu’adversaires politique ou soutiens à Ali Ghediri ont en commun une haute opinion de son client et qu’il est «resté un homme très propre, et est encore en prison uniquement pour des raisons politiques.»
Me Brahimi jugera ensuite que «l’on est en pleine régression» et fera appel au président de la République pour y remédier, suite à un questionnement sur une justice libre et indépendante. Les avocats d’Ali Ghediri qui attendent ni plus ni moins qu’une libération de leur client tout en appelant les juges à «trancher en fonction de leur conscience», le tout en craignant que l’ex général ne soit traduit devant un tribunal criminel.
La conférence sera ponctuée par un appel de Me Rebouh au premier magistrat du pays pour la libération d’Ali Ghediri. <