Le procès de l’affaire impliquant Abdelghani Hamel, ancien directeur général de la Sûreté nationale (DGSN), et Noureddine Berrachdi, ancien chef de la Sûreté de wilaya d’Alger, est reporté au 19 mars prochain. C’est ce qu’a décidé le juge près le tribunal de Blida, jeudi, pour raisons inhérentes à l’instruction du dossier. Plus précisément, le report du procès est intervenu suite à une requête du collectif de défense de l’accusé Noureddine Berrachdi en raison de l’absence de certains témoins, et à leur tête l’ancien ministre de la Justice, Tayeb Louh. L’absence de ce dernier lors du procès n’est nullement liée à sa détention, mais surtout pour des raisons de santé. L’ancien ministre de la Justice, selon nos sources, avait été transféré aux urgences du centre hospitalo-universitaire Mustapha-Pacha avant d’être mis en observation en réanimation. C’est cet argument, qui constitue un cas de force majeure, qu’ont présenté les avocats de la défense pour justifier l’absence de Louh et donc le report du procès. L’autre requête formulée par le collectif de défense de Berrachdi au juge consiste en une demande de mise en liberté provisoire de son client jusqu’à la date de l’audience. Laquelle demande a essuyé un niet catégorique du tribunal. C’est du moins ce qu’ont expliqué les avocats de l’ancien chef de Sûreté de la wilaya d’Alger. Quoi qu’il en soit, le procès est programmé pour le 19 mars prochain et aura à mettre en lumière des faits reprochés aux deux anciens responsables. Il est utile de rappeler à ce sujet que les deux accusés Abdelghani Hamel et Noureddine Berrachdi, qui ont assisté à l’audience de jeudi, sont poursuivis pour «abus de fonction pour l’obtention d’indus privilèges à caractère professionnel en vue de la préservation du poste de directeur général de la Sûreté nationale (DGSN) ou d’un poste supérieur en vertu de l’article 33 de la loi relative à la prévention et la lutte contre la corruption». Dans ce cadre, il faut préciser que l’accusé Berrachdi est tout autant poursuivi pour «abus de fonction». «En dépêchant des éléments de la police à la Conservation foncière de Bir Mourad Raïs à Alger afin d’obtenir, sans autorisation, des informations concernant la liste des personnes ayant acheté des appartement dans un immeuble appartenant à Kamel Chikhi». Dans ce cadre, l’audience de jeudi s’est déroulée en présence des deux principaux accusés Abdelghani Hamel et Noureddine Berrachdi, mais également de nombreux témoins, dont Chikhi Kamel dit «El Bouchi», détenu dans une affaire de corruption, et des cadres de la Sûreté nationale. Quoi qu’il en soit, beaucoup d’anciens responsables durant le règne de l’ancien président déchu Abdelaziz Bouteflika font l’objet d’accusations pour des faits de corruption. Les plus en vue concernent les deux anciens ministres Sellal et Ouyahia, les ministres de l’Industrie à l’instar de Abdesselam Bouchouareb et de Youcef Yousfi ainsi que des patrons d’automobile Tahkout et Larbaoui, mais aussi du patron du groupe ETRHB et ancien patron du FCE, Ali Haddad.