Les deux anciens walis d’Oran et de Tlemcen, Abdelmalek Boudiaf et Bensabbane Zoubir, ont été auditionnés, hier, par le conseiller enquêteur près la Cour suprême dans le cadre de l’affaire de l’ex-directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel. Ce dernier fait face à des chefs d’accusation liés au trafic de foncier et d’enrichissement personnel illicite.
L’ancien ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, avait occupé les fonctions de wali d’Oran entre 2010 et 2013. Il a été wali de Constantine pendant cinq ans avant d’occuper le poste de wali d’Oran. L’audition d’Abdelmalek Boudiaf fait suite à l’instruction ouverte contre l’ex-DGSN, Abdelghani Hamel, qui se trouve actuellement en détention préventive après avoir été inculpé pour « détournement de foncier et enrichissement illicite ». Deux de ses fils, inculpés pour les mêmes chefs d’accusation, ont également été écroués tandis que son épouse, impliquée dans les mêmes affaires, a été placée sous contrôle judiciaire. Les dossiers des anciens hauts fonctionnaires de l’Etat bénéficiant du privilège de juridiction, ont été transférés à la Cour suprême.
Il s’agit de cinq ex-walis, dont ceux d’Alger (Abdelkader Zoukh), de Tipasa, et deux d’Oran (Abdelmalek Boudiaf), et de Tlemcen (Abdelghani Zaâlane). Ces mis en cause ont été informés des griefs retenus contre eux à l’issue des auditions d’Abdelghani Hamel, dans l’attente de leur convocation. Abdelmalek Boudiaf a été entendu hier et relâché à l’issue de son audition dans l’attente des suites réservées à cette affaire. Abdelghani Zaâlane, cité dans la même affaire, se trouve quant à lui à la maison d’arrêt d’El Harrach. L’ancien ministre des Transports, placé sous mandat de dépôt, était poursuivi, en sa qualité de wali d’Oran.
Selon le parquet près le tribunal de Sidi M’hamed, 17 personnes physiques et 13 morales sont poursuivies pour des crimes liés à «l’enrichissement illicite avec augmentation substantielle du patrimoine, blanchiment d’argent et transfert de biens obtenus par des faits de corruption à l’effet d’en dissimuler la source illicite dans le cadre d’un groupe criminel, incitation d’agents publics à exploiter leur influence effective et supposée dans le but de bénéficier d’indus privilèges». Dans la journée d’hier, l’ex-wali de Tlemcen, Bensabbane Zoubir, a été également entendu par le conseiller enquêteur près la Cour suprême. Il est cité également dans l’affaire Hamel et présumé impliqué dans des faits de « détournement et d’enrichissement illicite ». Cette affaire se révèle ainsi l’une des plus retentissantes traitées par le parquet d’Alger, dont les dossiers des anciens walis et ex-ministres sont en cours de traitement par la plus haute juridiction.
Depuis le 12 juin dernier, la Cour suprême connaît une effervescence particulière, notamment après les procédures de poursuite judiciaire engagées par le parquet général à l’encontre de 12 anciens responsables gouvernementaux. D’ex-Premiers ministres et plusieurs anciens ministres ont comparu devant le conseiller instructeur près la Cour suprême, dont certains ont été placés en détention préventive, à savoir: les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal, l’ancien ministre du Commerce et des Travaux publics Amara Benyounès, Abdelghani Zaâlane, ex-wali et ancien ministre des Transport, les deux anciens ministres de l’Industrie, Youcef Yousfi et Mehdjoub Bedda, l’ex-ministre des Travaux publics, Amar Ghoul. D’autres ministres, à l’instar d’Amar Tou, ancien ministre des Transports, Karim Djoudi, ex-ministre des Finances, l’ancien wali d’Alger, Abdelkader Zoukh, ont été mis sous contrôle judiciaire alors que le wali d’El Bayadh, Mohamed Djamel Khenfar, a été acquitté. Des poursuites judiciaires sont également engagées contre Bouazghi Abdelkader, Bouchouareb Abdeslam et Talai Boudjemaâ, respectivement anciens ministres de l’Agriculture, de l’Industrie et des Transports.