Le temps des rafistolages n’est plus possible, et la situation actuelle de l’Eniem est venue le rappeler. À l’arrêt technique depuis quelques jours, cette entreprise publique se retrouve dans la même situation d’il y a près de 10 mois. Néanmoins, la différence, c’est qu’entre-temps, l’Etat avait renfloué les caisses de l’Eniem en injectant 1,2 milliard de dinars. Encore des pertes…
L’Eniem, à l’instar du complexe sidérurgique d’El Hadjar, ou encore d’Air Algérie, sont des gouffres financiers pour le trésor public. A chaque fois, et depuis longtemps, trop longtemps, l’Etat injectait et réinjectait de l’argent pour essayer de sauver ces entreprises, et à chaque fois ce n’était qu’un report du problème. Une solution de facilité qui n’est dorénavant plus possible avec l’interconnexion des crises (sanitaire et économique) que subit le pays depuis la « venue » de la Covid-19. L’Etat ne peut plus se permettre d’être la vache à traire de ces sociétés à pertes continues. D’où l’importance, et l’urgence, d’adopter de nouvelles formes d’organisation du travail, dans lesquelles employés et dirigeants seront totalement impliqués. L’une des « formes » qui s’imposent à tous est la généralisation de ce qui devait être une « normalité » depuis longtemps, mais qui a toujours été remise aux calendes grecques, l’imposition de contrats de performance. Les dirigeants ne devront plus courir derrière des postes, mais plutôt derrière des réalisations. Les employés, quant à eux, ne devront plus se contenter de la sécurité de l’emploi et d’aller au travail, mais se sentir plus impliqués dans l’existence de l’entreprise.
Chacun ne devrait plus avoir d’autres choix que de rendre compte, chacun à son niveau. Les caisses de l’Etat se vident de plus en plus, avec cette différence par rapport à avant, qu’elles ne sont plus renflouées. L’activité économique est à l’arrêt depuis au moins mars dernier, les prix du pétrole sont au plus bas, et ça risque de durer encore pour une longue période.
Avec la pandémie et ses conséquences, il n’est plus possible de colmater les brèches. Une nouvelle ère s’impose à tous les secteurs, et les seuls qui pourront s’en sortir sont ceux qui sauront s’adapter. Pour y arriver, de nouveaux paradigmes s’imposent à tout le monde, et dès maintenant.