La villa Montfeld, propriété de l’ambassade américaine à Alger, a été admise au registre du secrétaire d’État américain des propriétés reconnues pour leur valeur culturelle et historique. Une liste prestigieuse qui ne comprend que 26 propriétés dans le monde. « Le Registre du secrétaire d’Etat est la liste officielle des propriétés importantes qui occupent une place significative dans le patrimoine diplomatique à l’étranger », indique l’ambassade américaine.

L’importance diplomatique, culturelle, historique et architecturale est le critère de cette sélection. La villa Montfeld a joué un rôle très important dans l’histoire diplomatique récente des Etats-Unis. En novembre 1979, le Conseiller américain à la Sécurité nationale Brzezinski a rencontré confidentiellement le Premier ministre iranien Bazargan à Alger pour discuter de l’avenir des relations Irano-américaines. Trois jours plus tard, l’ambassade des Etats-Unis à Téhéran était occupée, déclenchant ainsi la crise des otages à Téhéran. Fin 1980, le Secrétaire d’Etat adjoint Warren Christopher fait la navette entre Alger et Washington pour négocier un accord en vertu duquel les otages seraient libérés. Les négociations, « relayées par une équipe compétente de diplomates chevronnés algériens » dirigée par le ministre des Affaires étrangères de l’époque Mohamed Sedik Benyahia, ont abouti aux Accords d’Alger du 19 janvier 1981. Les Etats-Unis ont pris possession de la villa Montfeld le 1er juillet 1947. La maison originale est estimée avoir été construite entre 1853 et 1863 et remodelée entre 1876 et 1895. Le remodelage a été supervisé par Benjamin Bucknall, un architecte anglais du néo-gothique en Angleterre et au Pays de Galles, qui, une fois arrivé en Algérie, a complètement changé son style en architecture néo-mauresque.