Thème récurrent et qui revient telle une rengaine au gré des conjonctures, l’administration publique est de nouveau au centre des débats.
Une journée d’étude sur le thème de l’administration et de son rôle dans le développement du pays a été organisée hier où ont été mises en évidence toutes les pratiques néfastes de l’hydre bureaucratique et sa capacité à freiner toute velléité de sa libération.
Le constat évoquant les faiblesses de l’administration algérienne à prendre le train des réformes et à les soutenir par un management débarrassé de la bureaucratie lourde dont elle souffre a été, cependant, établi depuis longtemps. Aussi bien par les décideurs que par le citoyen quelle que soit sa catégorie sociale.
La question qui mériterait d’être posée est celle de savoir d’où tient sa puissance cette force inertielle qui bloque toute la machine ? Et qu’est-ce qui fait durer une situation à laquelle même de hauts responsables n’y peuvent rien ?
Fatalité ? Sans doute non, dans la mesure où certaines administrations locales chargées de la gestion des territoires arrivent à asseoir une gouvernance administrative cohérente, homogène et en phase avec les objectifs des politiques publiques.
A l’évidence, il serait vain de se perdre dans l’inflation des concepts (modernisation, reterritorialisation, régionalisation, régionalisme…) sans asseoir le critère de méritocratie dans le personnel encadrant aussi bien celui désigné par les pouvoirs politiques que celui élu dans les assemblées.
A ce niveau, le constat n’est pas reluisant. Il est plutôt déprimant dans le sens où bien des exécutifs communaux et des entités économiques publiques ne brillent pas par la qualité et le haut niveau de formation de leurs cadres-dirigeants.
Preuve en est, certains territoires et entités économiques disposent d’atouts énormes pour parvenir à un véritable développement économique local, mais qui n’a pas été réalisé, malheureusement, faute de compétences au niveau du pouvoir local et de l’administration publique.
D’où l’urgence de créer un véritable marché de compétences pour diversifier les profils, tout en veillant à « sacraliser » le critère du mérite dans l’accès au poste de dirigeants.
Toute option de réforme de l’administration publique qui ne tiendrait pas compte de ce critère du mérite ne serait que replâtrage avec son lot de gâchis. En temps et en argent.