Le chef de l’Etat par intérim, Abdelkader Bensalah, a limogé, mardi, Mokhtar Felioune, chef de département de l’administration pénitentiaire au niveau du ministère de la Justice, qui était en poste depuis 2008.
Ammar Hamdini, président de la Fondation civile pour la réinsertion des repris de justice et contre la récidive (FCRLR), a affirmé que « le chef d’Etat Abdelkader Bensalah aurait accepté la doléance du ministre de la Justice de mettre à l’écart l’inamovible Felioune », ajoutant que « son successeur, dont personne ne connaît le nom, sera nommé au cours de cette semaine ».
Se réjouissant de cette décision, l’avocat et président de la fondation indiquera que « Mokhtar Felioune, qui occupait ce poste depuis plus de 13 ans, a été cité dans plusieurs scandales et à affaires de corruption qui ont ébranlé le ministère de la Justice ». Ajoutant que « des milliers de prisonniers algériens vivent dans des conditions déplorables, alors que des budgets colossaux ont été débloqués ces dernières années par l’Etat algérien pour permettre au ministère de la Justice et l’administration pénitentiaire algérienne d’humaniser les conditions de vie ».
L’interlocuteur a accusé l’ancien patron de l’administration pénitentiaire de « plusieurs affaires de dilapidation » étouffées par Tayeb Louh, l’ancien ministre de la Justice, écroué récemment à la prison d’El-Harrach.
Pour lui, Mokhtar Felioune était le dernier des dirigeants qui symbolisent le règne passé du régime Bouteflika.
Continuant sa plaidoirie, Ammar Hamdini dira que, depuis 2003, en dépit du fait qu’elle ne disposait pas d’agrément, la fondation a tout de même activé sur le terrain et fait qu’aujourd’hui, elle est présente dans les 48 wilayas. Cette organisation a pu aider, grâce à des bienfaiteurs, les familles des détenus, en général vivant dans des situations précaires. Et malgré tout ça, il soulignera que « Felioune ne nous n’a jamais reçu ».
Par ailleurs, l’Algérie a financé la construction de nombreuses prisons et la modernisation des plus anciennes maisons d’arrêt. Ainsi, à partir de 2011, pas moins de 81 nouveaux établissements pénitentiaires ont été lancés. Mais les budgets consacrés à ces chantiers sont gérés dans une totale opacité. Pis encore, des budgets, accordés pour l’amélioration des conditions de détention dans de nombreuses prisons, ont été détournés et leurs traces disparues des registres de l’administration pénitentiaire. La question qui se pose est-ce qu’il sera poursuivi en justice ? La réponse de notre avocat est « oui ».
Pour rappel, la dernière affaire où a été cité le nom de Felioune, c’est lors de la mort du militant des droits de l’Homme Kamel Eddine Fekhar, où ce dernier avait observé une grève de la faim avant d’être transféré à l’hôpital de la ville, puis au CHU Franz-Fanon de Blida, où il a rendu l’âme, le 28 mai dernier, après la détérioration de son état de santé.