Le contrôle des marchandises dans les ports algériens sera effectué tous les quinze jours au lieu d’une fois par mois, a déclaré hier à l’APS le P-DG du groupe des services portuaires «Serport». Djelloul Achour a indiqué que la commission d’inspection et d’évaluation des marchandises avariées ou en séjour prolongé (créée en 2010) a été instruite pour que les opérations de suivi de ces marchandises s’effectuent chaque quinzaine.

«Le suivi et l’évaluation des marchandises importées (…) au niveau des aires d’entreposages se feront par la commission tous les quinze jours au lieu d’une fois par mois», a précisé ce responsable, assurant que cela permettra de libérer progressivement les espaces portuaires des conteneurs en souffrance qui entravent l’activité commerciale.
Sur les raisons du tassement en grosses quantités des marchandises sur les quais des ports algériens, le PDG de «Serport» avance les «lenteurs administratives et judiciaires pour trancher sur la marchandise en attente pour fausse déclaration ou faute de conformation aux normes et règles de traçabilité». «Chaque conteneur en souffrance comporte un dossier administratif et juridique et souvent ce sont les lourdeurs de ces procédures judiciaires qui prolongent le séjour de ces marchandises», a encore indiqué M. Achour.
Selon lui, la commission a les prérogatives de trancher sur le sort de ces marchandises qui n’ont pas fait l’objet de déclaration appropriée par l’importateur ou qui manquent de traçabilité notamment en ce qui concerne leur pays d’origine ou leurs fabricants ou encore leur conformité aux normes». Les cargaisons périmées sont envoyées dans les décharges pour être détruites «par le biais des APC».
Les marchandises récupérables comme les jouets, les équipements électroniques sont cédés à des «établissements publics (crèches, écoles, hôpitaux)». Les produits alimentaires dont les viandes pour lesquelles la chaîne du froid n’a pas été interrompue peuvent être récupérés et acheminés «vers les parcs zoologiques».
En plus de l’intensification de l’activité de cette commission multisectorielle pour désengorger les lieux d’entreposage portuaires, ce responsable a assuré que la plupart des ports ont un plan directeur de développement où il est prévu l’extension des capacités d’entreposage et de réception de marchandise.
Produits spéciaux, pas de risques à signaler
Djelloul Achour a écarté tout risque relatif à la gestion des produits dangereux et inflammables au niveau des ports. Le règlement de l’exploitation des ports qui date depuis 1975 interdit le séjour de marchandises dangereuses au sein des entreposages portuaires, a-t-il affirmé. «Toutes les marchandises classées dangereuses, transitent selon un règlement bien déterminé», a-t-il ajouté
«La déclaration et l’enlèvement du produit dangereux s’effectue systématiquement dès son arrivée au port avant son acheminement directement vers son destinataire», a-t-il encore détaillé en assurant que l’opération est escortée par les services de sécurité. Le PDG de «Serport» a fait savoir par ailleurs que les ports de Béjaïa, Oran, Rouiba (port sec) et Skikda sont équipés d’installations spécifiques appelés parcs à feu destinés à l’accueil des marchandises dangereuses pour une durée limitée. «La déclaration de ces marchandises se fait sur place, un traitement particulier de ces produits est réalisé à l’intérieur même de ces enceintes portuaires avant leur acheminement vers leurs destinataires».<