Face à la montée de la grogne des propriétaires de commerces, de restaurants collectifs, de salons de coiffure, de magasins d’habillement et de chaussures, générée par trois mois sans activité à la suite des mesures de protection contre la pandémie du coronavirus, le ministère du Commerce examine les conditions dans lesquelles pourrait s’effectuer une reprise sécurisée de ces activités de services de proximité. « Mais elle ne sera que graduelle car nous estimons que c’est l’option la plus appropriée dans les circonstances actuelles », précise le directeur général du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce, Abdelrahmane Benhazil. Ce dernier, qui s’exprimait hier lundi sur les ondes de la radio publique chaîne 3, a précisé toutefois à propos de la reprise graduelle qu’elle va s’opérer dans un premier temps à hauteur des 50%. Pour être plus explicite, il dira : « Les patrons des restaurants collectifs devront réduire de moitié le nombre de leurs tables ». Idem pour les salons de coiffure : « Un fauteuil sur deux », indique-t-il l. Même exigence dans les magasins d’habillement et de chaussures. « Le propriétaire devra veiller avec beaucoup de vigueur à ce que le nombre de clients soit des plus réduits. En clair ne pas dépasser les 50 % de clients que pourrait contenir leur espace de vente », a instruit l’invité de la chaîne 3. « Devant la levée de boucliers de commerçants, mécontents de devoir cesser leurs activités par suite de l’apparition de la pandémie du Covid-19, la décision de lever certaines des restrictions à l’encontre de certaines catégories professionnelles vise par contrecoup à satisfaire les citoyens faisant habituellement appel à leurs services ». Cependant, le directeur général du contrôle économique et de la répression des fraudes au ministère du Commerce n’a pas avancé de date de l’entrée en application de la reprise de l’activité à 50%, se contenant seulement de souligner que cette mesure va concerner dans un premier temps quelque 150 000 commerçants et artisans car « s’étant retrouvés sans sources de revenu, dont le gros de la troupe sont les restaurants collectifs, les salons de coiffure et les commerces d’habillement », a précisé Abdelrahmane Benhazil avant de passer au sujet du contrôle sanitaire des produits alimentaires importés ou fabriqués localement. Sur ce point, il a informé que ces aspects sont déjà assurés par le département commercial du ministère, « en termes d’analyse de ceux appelés à être mis sur le marché de la consommation ». Annonçant dans ce sens « la mise en place d’un vaste réseau national de laboratoires de contrôle doté des plus récentes technologies ». Toujours dans ce même registre, il a révélé en outre l’étude en cours d’un projet de création d’une Agence nationale de sécurité alimentaire, expliquant que celle-ci sera destinée à servir d’instrument d’appui à l’évaluation de « tous les risques sanitaires », ainsi que de recherche scientifique de certains produits « émergents », la technologie alimentaire et les types de fraudes « évoluant de jour en jour », a-t-il révélé. Enfin, Abdelrahmane Benhazil a abordé le volet des délits à l’encontre des règles commerciales. Et dont le défaut de facturation occupe le podium estimé pour une valeur de près de 24 milliards de dinars pour le seul premier trimestre de l’année en cours.<