L’engrenage arrestation, condamnation et libération des manifestants et activistes se poursuit. En effet, après la mise en liberté en début de la semaine des manifestants arrêtés vendredi dernier, des cas d’arrestations et de condamnations ont été enregistrés, hier, déplore le Comité national pour la libération des détenus (CNLD).
Le Tribunal Ziadia à Constantine a rendu son verdict dans le procès du journaliste et activiste Abdelkrim Zeghileche, qui a été condamné à deux ans de prison ferme assortie d’une amende de 100 000 DA. Zeghileche est poursuivi pour «atteinte à la personne du président de la République et publications Facebook pouvant porter atteinte à l’unité nationale»
Lors de son procès en première instance, le 17 août dernier, le Procureur avait requis 3 ans de prison ferme et 100 000 dinars d’amende contre l’activiste placé en mandat de dépôt à la prison d’El Koudia depuis le 23 juin. Le CNLD a fait également état de la demande du Parquet de Tipasa pour durcir la condamnation contre Zahir Keddam lors de son procès en appel. Pour rappel, Zahir Keddam, arrêté samedi 14 juin, est accusé d’incitation à «attroupement non armé, publications pouvant porter atteinte à l’unité nationale». Le prévenu a été mis sous contrôle avant d’être condamné à un an de prison ferme avec mandat de dépôt le 23 juin dernier par le Tribunal de Chéraga, souligne la même source.
Le CNLD fait état également du rejet par le Tribunal de Sétif de la demande de liberté provisoire pour Walid Kechida, dont la détention provisoire vient d’être prolongée de 4 mois supplémentaires à compter du 27 août.
Par ailleurs, le CNLD a indiqué hier que Mohamed Tadjadit se trouvait «toujours au commissariat central d’Alger et aucune nouvelle sur sa présentation devant le Procureur» alors qu’il est fait état de «la convocation de Hocine Lakehal à nouveau après avoir été relâché».
Pour sa part, le Tribunal de Baïnem a prononcé, dimanche, la relaxe pour Hakim Bdaoui et Smaïl Djendoula, arrêtés vendredi 7 août, placés en garde à vue puis en détention provisoire le 9 août avec plusieurs renvois de leur procès. Ils sont accusés d’outrage à corps constitué, suite à la diffusion d’une vidéo devant un commissariat, la semaine avant l’élection présidentielle, rappelle le CNLD.
A Touggourt, dans la wilaya d’Ouargla, 10 manifestants, arrêtés vendredi dernier dans une tentative de marche populaire, présentés devant le Procureur près le Tribunal de la même ville puis devant le juge d’instruction, ont comparu immédiatement. Les concernés ont été libérés. A Mostaganem, les manifestants, arrêtés vendredi 21 août ont été relâchés en attendant leur procès programmés le 20 septembre prochain.