C’est la fin des actifs de la compagnie pétrolière britannique British Petroleum (BP) en Algérie. Les causes de cette cessation ont été livrées de façon détaillée par le Président-Directeur général de Sonatrach Toufik Hakkar. C’était à l’occasion d’une conférence de presse qui s’est tenue hier en son siège, après la présentation du bilan de réalisation de Sonatrach de l’exercice 2020 à fin mai 2021.

Par Bouzid Chalabi
Le PDG a rapporté, en effet, que le départ de BP «était surtout dû à son désintéressement total des activités d’exploration et d’exploitation de l’énergie fossile au profit des énergies renouvelables (EnR). Il a toutefois indiqué dans ce même registre que «BP sera progressivement remplacé par un autre partenaire». Certainement l’italien ENI car il compte investir beaucoup plus en Algérie. Interrogé sur le devenir de la concession du gazoduc Maghreb-Europe qui traverse le Maroc et qui se terminera le 31 octobre prochain, le patron de Sonatrach a rapporté que «les discussions entre toutes les parties concernées par ce pipe sont en cours. Il n’y aucune décision prise à ce jour». Sur ce dernier point, il a en outre indiqué : «Depuis 2018-2019, on s’était déjà préparé à tous les scénarios possibles.» Et d’affirmer dans ce sens que «quelle que soit la décision qui sera prise concernant cette concession, elle n’aura aucun impact sur les exportations de Sonatrach vers l’Europe».
Au registre de l’investissement de sa compagnie avec des partenaires étrangers, il a annoncé que deux importants contrats seront signés avant la fin de l’année. Comme il a révélé dans ce même registre que le projet de la raffinerie de Hassi Messaoud affiche un taux d’exécution appréciable dans sa réalisation. Selon les estimations de Hakkar, «la raffinerie entrera en service en 2024». Non sans rapporter dans la foulée que l’entrée en production de la raffinerie de Sidi Rzine (Alger) et l’extension de celle de Skikda «nous ont permis depuis le mois d’août 2020 de ne plus importer de carburants». A propos de la raffinerie italienne Agusta, acquise en 2018 par Sonatrach, et suite à une question d’un confrère pour savoir si cette opération était rentable après tout ce qui a été dit, Hakkar a révélé : «Certes, lors de la première année de son acquisition le bilan comptable était nettement négatif, mais les choses se sont grandement améliorées par la suite.»
Au volet des perspectives de la compagnie pétrolière nationale, M. Hakkar a dévoilé, en ce qui concerne l’industrie pétrochimique, qu’un grand projet est à l’étude visant à renforcer les capacités de production nationale dans ce secteur précis d’activité industrielle». Pour rester dans le cadre des perspectives, le conférencier a fait savoir que Sonatrach a investi à l’étranger pour l’équivalent de 2 millions de dollars au cours de l’année 2020, notamment au Niger, en Tunisie et en Libye. Au sujet de l’activité offshore, le PDG a confié que «cela reste un domaine qui exige beaucoup d’argent. Il faut au minimum 150 millions de dollars. Ce qui est pour l’heure hors de notre portée». Il a toutefois déclaré : «Nous allons continuer à identifier les opportunités d’investissement.» Pour clore le chapitre sur l’investissement, le PDG a informé que la nouvelle loi sur les hydrocarbures va «booster l’investissement». A propos de sa mise en vigueur, il dira que cela relève de la chefferie du gouvernement, non sans révéler que de nombreux textes d’application sont fin prêts. «Si tout se passe bien, les textes d’application seront publiés au Journal Officiel bien avant la fin de l’année», a-t-il avancé.
Concernant la gestion courante de Sonatrach, Hekkar a insisté sur le fait que la stratégie en place consiste à réduire au maximum les dépenses. «Nous visons à brève échéance une maîtrise totale de nos dépenses», a-t-il signifié. Révélant dans ce sens, «nous avons conclu 1 600 contrats en 2020 avec des partenaires locaux activant dans les domaines des services, des travaux et des études. Ce qui nous a permis d’économiser 2 milliards». Il importe de savoir enfin que le bilan d’exercice de la Sonatrach durant la période précisée ci-dessus fait ressortir un chiffre d’affaires de 20 milliards de dollars en 2020 contre 12, 6 milliards pour les seuls six premiers mois de l’année. En somme, la reprise du marché pétrolier mondial après une année de déclin s’est traduite positivement chez Sonatrach. <