Abdelmadjid Attar l’a confié lundi passé, il aurait voulu célébrer le 50e anniversaire de la nationalisation des hydrocarbures à la tête du ministère de l’Energie. Il l’a raté de trois jours, puisqu’il a été démis de ses fonctions le 21 février dernier. Ce vœu, tel qu’exprimé par le désormais ex-ministre, était plus proche de la nostalgie que d’un quelconque patriotisme. Le jeune ingénieur qu’était à l’époque Abdelmadjid Attar (il venait juste de terminer ses études à l’IAP de Boumerdès et de rejoindre Sonatrach) doit avoir des souvenirs mémorables de ce 24 février 1971.
Une journée qui, au fil des années, s’est retrouvée engluée dans le cérémonial faisant presque oublier sa portée sur l’histoire du pays. Pourtant, il est important de rappeler son impact et surtout de sortir des discours nostalgiques. Les «anciens» ne sont pas les seuls concernés par ce recouvrement de souveraineté sur les richesses du pays. Loin de la propagande et des dogmes populistes, la nationalisation des hydrocarbures était une seconde indépendance neuf ans après 1962. Et l’histoire retiendra que ce n’était pas acquis.
Comme pour tout événement fondateur, il est capital de contextualiser. Juste pour cet «aspect», un exemple suffira, celui qui s’est passé vingt ans auparavant, à presque 6 000 kilomètres d’Alger. C’était lorsque le Premier ministre iranien de l’époque, Mohamed Mossadegh, avait décidé de nationaliser l’industrie pétrolière de son pays. Une action qui a engendré une tempête sur l’ex-Perse. Deux ans plus tard, le gouvernement Mossadegh est renversé par un coup d’Etat fomenté par la CIA. C’est montrer avant tout la délicatesse de ce «dossier» ô combien important. L’Algérie a pu éviter cette immixtion grâce notamment à ses hommes de l’ombre, dont l’histoire reste encore à écrire. Il s’agit notamment des Messaoud Zeghar (homme d’affaires proche du Président Houari Boumediène), de Chérif Guellal (diplomate) et de Rachid Tabti (avocat). Un trio qui a beaucoup œuvré pour la réalisation du défi et dont les efforts méritent bien plus que les bribes d’informations lâchées par-ci et par-là. Donner plus de visibilité à leur parcours permettra sans aucun doute de démonter toutes les impostures, anciennes et actuelles.