«Celui qui n’avance pas chaque jour, recule chaque jour». Une citation de Confucius qui remonte à près de 2500 ans, et qui reste toujours d’actualité. Mieux encore, en cette année 2021, elle s’illustre parfaitement avec les contrecoups de la globalisation. C’est dans cette perspective qu’il est utile de décrypter les derniers rebondissements qui ont secoué la scène régionale et mondiale. Pour une fois, l’Algérie est au devant de la scène. Du statut de spectateur, elle passe à celui d’acteur. Le statu quo ne pouvait pas perdurer.
Il ne s’agit pas seulement de la décision de rompre les relations diplomatiques avec le Maroc, mais de tout ce qui se passe en parallèle, et de ce qui s’est passé après.
Il y a ainsi la visite de Ramtane Lamamra au Mali, deux jours après avoir annoncé, lui-même, la rupture avec le royaume chérifien. Plus que symbolique, ce déplacement du ministre algérien relève d’une grande importance. Il y va bien-sûr de la sécurisation des frontières sud du pays, mais pas que ! Avec les grands chamboulements que subit le Mali depuis 2011, et l’instabilité régnante et menaçante pour toute la région, l’Algérie n’a pas d’autres choix que de s’impliquer directement, et avec force, dans le processus interne. Elle doit d’autant le faire, qu’elle a une légitimité historique que tous les responsables du pays voisin ne peuvent pas nier. Les accords d’Alger (Ramtane Lamamra avait joué à l’époque un rôle primordial en tant que médiateur), de juin 2015, demeurent toujours la base sur laquelle les acteurs politiques maliens négocient en vue de concrétiser la paix et réconciliation internes. Les réactiver est une nécessité absolue.
C’est qu’il ne faut pas oublier que la stabilisation des frontières sud c’est également couper court aux risques de troubles que pourrait alimenter un acteur étranger à la région, et que le Maroc a introduit malgré tout, l’entité sioniste en l’occurrence. Tel-Aviv, avec le voisin de l’Ouest, ne cachent plus leurs «ambitions» de cibler l’Algérie. Retrouver «Israël» en tant que «pays» observateur à l’UA (Union Africaine) est loin d’être un caprice des sionistes. Les appétits de cette entité sur le continent remontent à loin. Un travail de longue haleine qui a permis à ce «pays» d’avoir des relations diplomatiques avec pas moins de 46 (sur 55) Etats africains.
A tout cela, globalisation oblige, il est nécessaire de suivre de près, de très près, ce qui se passe en Afghanistan. La victoire des Talibans annonce des rebondissements, dont les retombées dépasseront, sans aucun doute, Kaboul et ses environs.