La Fédération algérienne de football (FAF) a attendu jeudi pour «condamner» «fermement» les scènes de violence enregistrées à l’issue du match qui a opposé, mardi dernier, le MC Alger et l’USM Bel-Abbès au stade 5-Juillet. La FAF constate d’abord qu’«encore une fois, on a, malheureusement, relevé des scènes de violence sur certains stades du pays donnant une pâle image de notre football», avant de «condamner avec fermeté ces incivilités».

L’instance fédérale algérienne indique qu’elle « ne compte pas croiser les bras et assister impuissante et sans réaction à ce spectacle choquant, agaçant et parfois atroce, envoyé des arènes censées être des lieux de fête, de joie et de fair-play». Elle a tenu à «appeler la famille du football à unir ses forces pour endiguer cette violence», avant de menacer qu’elle utilisera tous les moyens légaux pour sévir contre toute forme de dépassement et pour prendre des mesures nécessaires, appropriées, et s’il le faut, draconiennes pour décourager les ennemis du football et les fauteurs de troubles à accomplir leurs sales besognes». D’autre part, «la Fédération algérienne de football rend hommage à certains dirigeants de club qui ont contribué à leur niveau à bannir la violence et à rendre agréable le fait de se déplacer dans un stade, encourage ce genre d’initiative et demeure convaincue qu’avec la conjugaison des efforts de tout un chacun, le phénomène de la violence dans nos stades est appelé à disparaître».
Enfin, l’instance fédérale algérienne relève qu’elle «veille au bon déroulement de la discipline sur tout le territoire national. Elle veille à ce que le football reprenne sa place de moyen de loisir, de distraction et de renforcement de liens entre la jeunesse algérienne».Tout ça est bien, mais pourquoi la FAF a attendu deux jours après les évènements pour les condamner ?

La DGSN, première
à réagir
Le match s’est déroulé mardi et la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN) a réagi avant la FAF, en annonçant le lendemain le bilan de ces violences. Dix-huit policiers et 22 supporters ont été blessés suite à des violences ayant entaché la fin de la rencontre qui a opposé, mardi au stade 5-Juillet à Alger, le MCA à l’USMBA (0-1) pour le compte de la 14e journée de la Ligue 1 de football, a annoncé la Direction générale de la Sûreté nationale. Quarante-deux personnes ont été arrêtées lors de ces incidents, dont 22 pour trouble à l’ordre public et d’autres pour détention d’arme blanche, de drogue et de psychotropes», a indiqué la même source, précisant que 10 véhicules de la Sûreté, un véhicule appartenant à un particulier et une ambulance de la Protection civile ont été saccagés lors de ces échauffourées.
La DGSN a, en outre, indiqué que ses services ont ouvert une enquête pour s’assurer de l’authenticité de la vidéo postée sur les réseaux sociaux qui montre «un comportement indécent de certains agents de maintien de l’ordre pendant l’accomplissement de leur mission dans l’enceinte du stade, précisant qu’elle «prendra les mesures administratives nécessaires».
Et il se trouve que le jour où la FAF a publié son communiqué condamnant ces actes de violences, le directeur général de la Sûreté nationale, le colonel Mustapha El Habiri a rendu visite à Alger, aux 18 policiers blessés lors des incidents auprès desquels il «s’est enquis de l’évolution de leur état de santé et leur a réitéré son soutien indéfectible», comme l’a indiqué un communiqué de la DGSN.
Et comme la lutte contre la violence dans les stades est l’affaire de
tous, et si la FAF a réagi en retard, qu’en est-il de tous les autres responsables concernés ? Pourquoi ne
réagissent-ils pas ? Aucune réaction de la commission nationale de
lutte contre la violence dans les  stades ni des différents comités des supporters des clubs et encore moins du Comité olympique algérien (COA) et du ministère de la Jeunesse et des Sports.

El Habiri au chevet des policiers blessés

Le directeur général de la Sûreté nationale, le colonel Mustapha El Habiri a rendu visite jeudi à Alger, aux 18 policiers blessés lors des incidents enregistrés à l’issue du match qui a opposé mardi dernier le MC Alger et l’USM BEL Abbes au stade du 5 Juillet, indique un communiqué de la DGSN. Le colonel El Habiri s’est rendu au chevet des «18 policiers blessés, dont 4 gravement atteints, admis à l’hôpital central de la Sûreté nationale (Les Glycines), suite aux incidents enregistrés à l’issue du match MC Alger-USM Bel Abbes», où il «s’est enquis de l’évolution de l’état de santé des blessés et leur a réitéré son soutien indéfectible», précise le communiqué. Le message du directeur général de la Sûreté nationale a été «hautement apprécié par les policiers qui l’ont rassuré de leur détermination à redoubler d’efforts pour assurer la sécurité des personnes et des biens», souligne la même source. Le colonel El Habiri «n’a pas manqué de féliciter, à cette occasion, le personnel médical et administratif pour leur dévouement et leur mobilisation en la circonstance», ajoute le communiqué