Il était appréhendé et il s’est donc imposé presque à tout le monde. Le confinement, même s’il reste partiel (pour l’instant), est ainsi de retour. La coupable est évidemment cette troisième vague de la Covid-19 qui frappe, depuis le début de ce mois, sans distinction d’âge. Les faits sont là. La vie de tous les citoyens est en danger, et les décisions ont commencé à tomber.
Le Conseil des ministres d’avant-hier en a annoncé quelques-unes. Elles sont importantes et s’imposent même, face à la cadence de la propagation de la pandémie. Les décisions prises par le Président et le Premier ministre viennent surtout confirmer une défaillance à tous les niveaux. Il y a, certes, cette insouciance de la population, que certains n’hésitent pas à interpréter comme un manque de civisme et de solidarité. Une vérité que personne ne pourra nier, mais elle est loin de cacher une autre réalité, celle d’une mauvaise gestion.
Comment ne pas se poser de questions devant la surprise générale suscitée par l’émergence de cette troisième vague. Le système de santé algérien s’est retrouvé, rapidement et trop facilement, submergé par les conséquences de la propagation du virus. Le variant Delta de la Covid-19, avec ses «spécificités» ne peut à lui seul expliquer la détérioration de la situation. Il y a d’autres responsables, et ceux-là sont en poste.
Faut-il rappeler qu’il y a eu, depuis début 2020, deux vagues, et en toute logique, c’était deux expériences dont les résultats devaient permettre d’anticiper d’éventuels «épisodes». L’anticipation, et c’est encore une confirmation, n’est finalement pas dans les stratégies de gestion de cette crise sanitaire, comme elle ne l’a pas été dans plusieurs autres secteurs.
Mais l’heure n’est pas aux reproches ou à la désignation de coupables. L’état des lieux exige avant tout un sens de la responsabilité et la recherche de solutions. C’est que cette crise sanitaire apporte avec elle une autre, économique. Les nouvelles restrictions touchent plusieurs secteurs qui l’avaient été déjà durement en 2020. Ceux qui ont pu résister à la déferlante des cessations d’activités et des licenciements espéraient que le plus dur était passé. Que nenni. Le variant Delta est là.
D’où la grande responsabilité du nouvel Exécutif. Il aura la dure tâche de gérer une crise multidimensionnelle, dont l’aspect économique n’est pas le moindre. Mais l’équipe de Aïmene Benabderrahmane n’a-t-elle pas été présentée comme celle d’un gouvernement dirigé par un technocrate et dont la première mission était de redresser l’économie ? Acta non verba est une citation en latin (les actes pas des mots), mais elle a tellement besoin d’être concrétisée en Algérie.